Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
11 juillet 2017

Nous subissons presque tous les ans les conséquences du bras de fer entre les planteurs et le groupe Tereos. Chacun défend logiquement sa position, mais le blocage des routes et par voie de conséquence de l’économie n’est pas une solution.
Après un accord que j’espère voir au plus vite, il conviendrait de s’intéresser à l’avenir, et pas seulement aux 5 prochaines années. On sait que la production mondiale de sucre est excédentaire et avec un cours mondial assez bas en raison d’une production abondante dans des pays à bas coût de main-d’œuvre.
La production locale ne tient que grâce à des subventions. Donc à terme il sera difficile de maintenir les subventions européennes ou nationales pour une production cannière dans un contexte de réduction des dépenses publiques.
« la cann nout’ kultur ! », on a vu ce slogan fleurir sur les bus ou les affiches. Et c’est vrai, Réunion sans la canne ne serait plus la Réunion. Elle fait vivre plus de 20 000 personnes et façonne le paysage. La canne à sucre est une plante vivace qui reste en place environ 6 ans et elle maintient les sols en cas de cyclone ; cela lui confère un avantage indéniable vis-à-vis des cultures maraîchères. Et si une partie des surfaces exploitées en canne était reconvertie dans de la culture maraîchère (qui elle est plus rentable) pour tendre vers l’autosuffisance alimentaire, ce ne serait possible que dans les parcelles plates ou très peu pentues… et l’île n’est pas vraiment plate !
Il semble donc logique de maintenir cette culture, mais en développant d’autres débouchés. Le marché du rhum n’offre pas des perspectives suffisantes, en revanche la fabrication d’agrocarburant à base d’alcool (= éthanol) est une piste à approfondir. C’est ce qu’a fait le Brésil où presque tous les véhicules fonctionnent avec un mélange d’environ 15 %d’essence et 85 % d’éthanol. D’ailleurs, le groupe Tereos y est implanté depuis une dizaine d’années et a diversifié ses produits avec plusieurs unités de production d’éthanol.
- un hectare de blé produit 2,5 tonnes d’éthanol, un hectare de canne à sucre près de 6 tonnes
-un seul litre d’essence utilisé pour sa production ou sa transformation en alcool produit 9,2 litres d’éthanol grâce aux bagasses utilisées pour produire l’énergie nécessaire au processus et parfois produire en plus de l’électricité.
- 25 000 ha environ sont consacrés à la culture de la canne à sucre à la Réunion, d’où une capacité de production de 200 000 tonnes d’éthanol si toute la production était transformée
- importation de produits pétroliers à la Réunion : essence 100 000 tonnes, gazole 80 000 tonnes, kérosène 200 000 tonnes (et aussi 800 000 tonnes de charbon… mais c’est un autre problème !)
Ces chiffres montrent qu’il y a là un marché potentiel.
Tout l’enjeu est là. Le prix de vente est contraint par les prix de vente à la pompe de l’essence, du gazole et des taxes sur ces produits. Le coût de fabrication dépend du cours du pétrole. Avec un cours à environ 50 dollars le baril, l’agrocarburant n’est commercialisable aux prix actuels à la pompe que si les collectivités publiques (État, Région) baissent voire suppriment les taxes sur ces produits. Or ces taxes ont un poids important dans leur budget. Si le cours du pétrole remonte, les agrocarburants deviennent de plus en plus compétitifs. Et à longue échéance, avec l’épuisement progressif des réserves mondiales le cours du pétrole ne peut que monter.
Ces agrocarburants ont en outre un intérêt écologique, le CO2 rejeté lors de leur combustion étant absorbé lors de la croissance de la plante : c’est le principe d’une énergie renouvelable.
Néanmoins le terme biocarburant souvent utilisé pour désigner les agrocarburants est impropre… ils ne sont pas vraiment « bio » au sens où on l’emploie généralement !
C’est donc un vrai choix politique qu’il va falloir faire, d’autant plus difficile que les enjeux vont bien au-delà d’un mandat électoral.
Jean Claude Martigné, Saint Paul
Nos peines
In kozman pou la rout
Nouvelle illustration de la faillite du système néocolonial
Négociations internationales sur la lutte contre la crise climatique
Des aides publiques de la France possibles
Le 1er juin, le Sénat a adopté le Projet de Loi de Régulation de l’enseignement supérieur privé lucratif. Ce débat aurait pu être l’occasion de (…)
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture