La CGTR dénonce une nouvelle fois le mépris des compétences et des cadres réunionnais

19 août, par Jacky Balmine

La nomination du commissaire divisionnaire Ugo Pizzo au poste de directeur territorial adjoint de la Police nationale à La Réunion suscite légitimement des interrogations.
La CGTR considère qu’au-delà de la personne nommée, c’est une nouvelle fois la méthode qui pose problème.

Selon les éléments rapportés par la presse, deux commissaires divisionnaires déjà en poste à La Réunion, disposant d’une connaissance approfondie du territoire et de ses réalités, étaient candidats à ce poste. Ils n’ont finalement pas été retenus au profit d’un responsable venant de l’Hexagone et ne connaissant pas, à ce jour, les spécificités de notre territoire.
Nous ne mettons évidemment pas en cause les compétences professionnelles du commissaire divisionnaire nommé. Mais une question simple doit être posée : quels ont été les critères réellement déterminants dans le choix effectué ?
Si les candidats réunionnais ou ayant une forte expérience de La Réunion n’avaient pas le profil requis, l’administration doit être en mesure de l’expliquer clairement. En revanche, si la connaissance du territoire, l’expérience locale et l’ancrage réunionnais ne constituent jamais un avantage lorsqu’il s’agit d’accéder aux responsabilités, alors nous sommes face à un véritable problème de reconnaissance des compétences locales.

La Réunion ne peut pas être éternellement considérée comme un territoire d’affectation

Ce qui se passe aujourd’hui dans la Police nationale fait écho à une succession de situations qui interrogent profondément.
La CGTR s’était déjà élevée contre la nomination du directeur général de la CGSS Réunion, alors même que cette désignation avait suscité de fortes réserves au sein du conseil d’administration.
Nous avons également vu, dans d’autres secteurs, des responsabilités confiées à des personnes venues de l’Hexagone alors que des professionnels réunionnais disposaient d’une expérience, d’une compétence et d’une connaissance du territoire parfaitement reconnues.
À chaque fois, on nous explique qu’il s’agit de procédures, de profils, de choix de management ou de décisions relevant des autorités compétentes. Mais lorsque le même scénario se répète, la question n’est plus anecdotique. À compétences comparables, pourquoi les Réunionnais ou les cadres ayant construit leur expérience sur notre territoire sont-ils si souvent écartés des postes à responsabilité ? Cette question, la CGTR continuera de la poser.

Nous refusons la logique du plafond de verre pour les Réunionnais

La CGTR ne revendique pas un quelconque droit automatique à la nomination en raison de l’origine géographique.
Nous revendiquons quelque chose de beaucoup plus simple : l’égalité réelle et la reconnaissance objective des compétences.
Être Réunionnais, connaître La Réunion, avoir travaillé au contact de sa population, de ses réalités sociales, économiques et culturelles, ce ne doit pas être considéré comme un handicap ou comme un élément secondaire dans l’appréciation d’une candidature.
Au contraire, dans de nombreux postes de responsabilité, cette connaissance du terrain constitue une véritable compétence professionnelle.
La Réunion n’est pas un laboratoire administratif où l’on envoie régulièrement des responsables de l’Hexagone pour quelques années avant de les remplacer par d’autres. Notre territoire dispose de femmes et d’hommes compétents, expérimentés, capables d’assumer les plus hautes responsabilités.

Après la CGSS, maintenant la Police : cela commence à faire beaucoup

La CGTR refuse que ces différentes affaires soient considérées séparément. La succession de nominations contestées nourrit un sentiment profond parmi les travailleurs et la population : celui que, lorsqu’il s’agit de diriger les grandes institutions de La Réunion, les compétences locales doivent constamment faire leurs preuves davantage que celles venues de l’extérieur.
Ce sentiment est d’autant plus préoccupant qu’il contribue à installer une forme de résignation : comme si les postes de direction étaient naturellement destinés à des responsables venus de l’Hexagone et que les Réunionnais devaient se contenter des fonctions d’exécution.
Nous refusons cette vision.
La CGTR demande donc que les autorités compétentes garantissent davantage de transparence dans les procédures de recrutement et de nomination aux postes à responsabilité à La Réunion.
Nous demandons également que soient clairement assumés et expliqués les critères qui président à ces choix.
Car derrière chaque nomination, il y a une question fondamentale : quelle place veut-on réellement donner aux compétences réunionnaises dans la conduite des affaires de La Réunion ?
Pour la CGTR, la réponse est claire : les Réunionnais doivent pouvoir accéder à tous les niveaux de responsabilité, dans la fonction publique comme dans les organismes sociaux, les établissements publics, la culture ou les grandes institutions de notre territoire.

Saint-Denis, le 18 août 2026
Le Secrétaire Général
Jacky Balmine

Impasse du système néocolonialLuttes pour l’emploi

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