Lors de son discours du 24 août, François Fillon a confirmé la poursuite de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) et de la suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Ces mesures, comme la réforme des retraites, n’ont qu’un seul but, rassurer les marchés financiers, c’est-à-dire les fonds spéculatifs.
C’est dans cette situation que s’effectue la rentrée scolaire : suppression de 16.000 postes à la rentrée 2011, dont 75 dans le premier degré à La Réunion. Et, pour la deuxième année consécutive, la formation rémunérée en IUFM pour les professeurs stagiaires est supprimée.
Pour faire des économies, les emplois précaires ne sont pas en reste : les assistants d’éducation intervenant dans les CLIS (classes spécialisées) voient leur contrat passer de 66 à 60% (-100 euros mensuels !)
Ces suppressions ont des conséquences pratiques :
classes surchargées, y compris à double et triple niveau dans les écoles des Hauts, suppression des postes d’enseignants spécialisés des réseaux d’aide pour les élèves en difficulté, des directeurs d’école sans journée de décharge (leur école passant de 4 à 3 classes), des écoles de 4 classes qui n’ont toujours pas de décharge.
Des parents se mobilisent pour l’ouverture des classes nécessaires. Mercredi 31 août, le recteur promet deux ouvertures « à crédit » pour Les Avirons et Saint-Leu. (faudra-t-il les rembourser avec intérêts ?) Les élèves de Sainte-Suzanne et de La Montagne n’ont-ils pas eux aussi droit à de meilleures conditions d’enseignement ? (Il ne s’agit là que de la toute petite partie visible de l’iceberg). Non, monsieur le Recteur, ces postes ne sont pas « à crédit » ! Ils font partie des 75 postes que vous devez rembourser !
La véritable lutte contre l’illettrisme, non pas celle de façade pour se faire valoir dans les médias, passe par des petits effectifs dès la classe maternelle (il vaut mieux prévenir que guérir !).
Et, cerise sur le gâteau, la suppression des postes permet, sous couvert de « parer au plus pressé », la mise en place de la déréglementation : plus de règles, plus de statut et préfiguration de la mise en place des EPEP et des ECLAIR.
Dans une école maternelle où les effectifs atteignent les 30 élèves par classe, une ouverture promise en juin est refusée à la rentrée. Les parents se mobilisent et l’inspecteur « ouvre » une classe en demandant au ZIL (titulaire remplaçant de la circonscription rattaché à l’école) de rester sur la classe toute l’année.
Dans une école des Hauts où l’effectif d’une classe de CP/CE1 est à 28 élèves, les parents se mobilisent pour une ouverture. L’inspecteur de circonscription propose d’utiliser au mieux le maître de soutien. (Au détriment des autres élèves de l’école qui ont besoin d’une aide particulière).
Les professeurs stagiaires sans aucune formation sont mis face à une classe dès la rentrée (période la plus délicate de l’année). Craignant des difficultés, le recteur affecte des titulaires remplaçants (BDFC) en doublette sur ces classes. Mais quel est le rôle des titulaires remplaçants qui ne sont pas des formateurs ? Que faire en cas de problème ? Qui est responsable de la classe ?
Au pied levé, ces titulaires remplaçants sont invités à prendre la classe pour permettre aux stagiaires d’aller visiter d’autres classes. Les stagiaires sont suivis par des tuteurs qui devront eux-mêmes laisser leur classe pour aller en stage de formateur.
Ne marche-t-on pas sur la tête ?
Des stagiaires sans formation à qui on confie une classe dès la rentrée.
Des titulaires remplaçants à qui on demande, dans les faits, de pallier le manque de maîtres formateurs et d’intervenir en cas de problème.
Des enseignants à qui l’on demande d’accompagner les stagiaires sans être formateurs…
N’est-il pas temps de faire l’état des lieux dans chaque école, d’établir les cahiers de revendications et de tout mettre en œuvre pour aller les défendre auprès des autorités concernées ?
Katell Louarn,
secrétaire départementale du SNUDI-FO
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