Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
10 mars, par

Parler aujourd’hui de la place de la femme réunionnaise, ce n’est pas se livrer à un simple exercice de style ou à un constat de circonstance. C’est poser une exigence politique et sociale : celle d’une égalité réelle, concrète et durable.
Historiquement, la femme réunionnaise est l’épine dorsale de notre société. Héritière des luttes contre l’esclavage, le colonialisme et la précarité, elle a toujours été celle qui « tient » : la famille, la transmission de la culture, l’éducation et l’équilibre de nos quartiers. Pourtant, ce rôle n’a que trop rarement été reconnu pour ce qu’il est vraiment : du leadership.
Malgré cette force historique, la réalité statistique reste amère. A la Réunion, les femmes sont les premières exposées a la précarité. Elles sont en première ligne de la monoparentalité et subissent des violences dont les chiffres demeurent préoccupants.
Il est temps de le dire avec clarté : ces situations ne sont pas une fatalité naturelle. Elles sont le produit d’inégalités structurelles qu’il nous appartient de corriger. Nommer ces freins n’est pas une volonté de diviser, mais une nécessité pour avancer ensemble.
Le féminisme que nous portons á la Réunion ne peut être le simple copier-coller d’un modèle extérieur. Il doit être ancré dans nos réalités : l’insularité, la force des solidarités familiales et nos défis économiques spécifiques.
C’est un féminisme de terrain qui refuse les rapports de force inégaux, mais qui n’exclut pas les hommes. Il se concentre sur levier majeur : l’autonomie économique. Car sans indépendance financière, la dignité et la liberté de choix restent des concepts abstraits. Soutenir l’entreprenariat feminin et valoriser les métiers portes par les femmes, c’est sécuriser l’avenir de toute l’ile.
Partout, de Saint-Denis à Saint-Philippe, les Réunionnaises créent, dirigent, innovent et s’engagent. Elles n’attendent plus qu’on leur donne la parole : elles la prennent. Elles ne demandent plus une place : elles la construisent.
L’égalité n’est pas une faveur accordée, c’est un droit fondamental. Pour que La Réunion soit plus juste et plus innovante, nous devons transformer l’essai :
— Tolérance zéro face aux violences
— Parité réelle dans tous les lieux de décision
— Valorisation systématique de nos modèles féminins locaux
Une société qui valorise ses femmes est une société qui se donne les moyens de réussir. Ce combat pour l’émancipation n’est pas celui des femmes contre les hommes, c’est celui de la dignité réunionnaise, pour notre avenir collectif.
Nadine Gironcel Damour
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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