La Fille aînée de la République

5 mai 2007

Consigne de vote d’un inconnu - même pas Français - à tous les indécis.
Ces quelques lignes n’auront peut-être jamais d’autre lecteur que leur auteur, mais face à l’urgence que je ressens, je les écris quand même.
Voilà la France, pays que j’aime, que je respecte et dans lequel je vis depuis 28 ans, à deux doigts de pouvoir ouvrir une nouvelle phase de son histoire.
Dimanche 6 mai, une femme accèdera peut-être à la présidence de la République.
Bien sûr, tous les sondages disent le contraire, mais que vaut finalement un sondage ? Aurions-nous rattrapé les visions d’Aldous Huxley qui, dans son livre “Le Meilleur des Mondes”, imaginait une humanité lobotomisée par des services d’information, de communication, de publicité omniprésents ?
Sommes-nous tellement englués dans notre petit confort matériel, intellectuel - un confort tellement occidental - que nous ne sommes plus capables d’ouvrir notre cœur pour ressentir de l’espoir, quand bien même cet espoir prendrait la forme d’une femme ? Une jolie femme, certes, mais que notre imaginaire a du mal à voir en guide d’une nation ?
Et pourtant, loin de toute idéalisation, je crois sincèrement que cette femme peut être pour la France une chance de réaliser une mission que ce pays a toujours eu dans le concert des nations, mais qu’il a de plus en plus de mal à reconnaître et à assumer : faire de l’être humain la base et l’aboutissement de tous les progrès, de toutes les découvertes, de toutes les inventions, qu’ils soient scientifiques, économiques, politiques ou artistiques.
Non pas que la France soit meilleure que les autres nations, mais parce qu’elle porte dans ses gènes des qualités de synthèse et de rayonnement qui font d’elle une terre où des idées, des valeurs, des combats portés par des êtres humains, d’où qu’ils soient, acquièrent une dimension d’universalité.
J’ignore si c’est pour cette raison qu’on avait autrefois coutume d’appeler la France la “Fille aînée de l’Église”, mais je suis convaincu que ce sont ces qualités qui font d’elle une grande puissance, bien plus que n’importe quel porte-avions, bien plus que sa soi-disant force de dissuasion, bien plus qu’une splendeur nostalgique de la colonisation.
Et ces qualités, tout homme que je suis, je sens qu’elles ont leur source dans la féminité.
Je ne prétends pas que tout sera résolu par la seule grâce de l’accession d’une femme au pouvoir, mais je suis convaincu qu’une nouvelle voie s’ouvrira pour la France - et par extension pour l’Humanité -, si nous acceptons de puiser dans une autre force que cette brutalité masculine qui depuis trop longtemps impose sa loi.
Si la mère qui m’a mis au monde était encore en vie, je suis sûr qu’elle se réjouirait de pouvoir se reconnaître et s’exprimer plus librement dans cette nouvelle façon d’aborder la vie, la politique et ces “sacrées” relations humaines qui, quoiqu’en disent les chiffres, les statistiques et autres sondages, sont quand même le point de départ de toute amélioration durable sur cette terre.
Alors, Messieurs les “indécis”, Mesdames aussi, j’ai envie de vous dire : dans trois jours, votre choix pourra peut-être permettre à la France, avec la joie et l’espoir retrouvés, de devenir un jour la “Fille aînée de la République”. C’est une nouvelle ère, où tout reste à créer. Mais c’est aussi une chance de raviver nos plus belles qualités.
Ne la laissons pas passer !

Philippe Van Den Bergh, 45 ans, artiste, marié et père de deux enfants


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus