Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
31 janvier 2013

François Fillon, Premier ministre, l’a dit en 2007, avant la crise : « je suis à la tête d’un État en faillite ». Michel Sapin, actuel ministre du Travail, l’a répété : la France est en faillite.
Ces déclarations sont fausses et, pour tout dire, incompréhensibles de la par de responsables politiques qui prennent le risque d’induire l’opinion en erreur et de “paniquer” les marchés.
Selon le rapport annuel sur l’état de la France en 2011 du Conseil économique, social et environnemental, ni la France et les Français, ni même les administrations publiques ne sont en faillite. Leur patrimoine physique et financier compense très au-delà la dette cumulée des ménages, des entreprises et des administrations. Ce patrimoine se compose de logements, d’infrastructures et d’équipements, d’industries, d’actifs financiers, de terrains, etc. Il est estimé, en 2009, à 20.000 milliards d’euros, pour environ 4.000 milliards de dettes. Apuré de toutes les dettes, le patrimoine net de la France et des Français s’élève donc à quelque 16.000 milliards d’euros, soit 240.000 euros par habitant.
Quant aux administrations publiques, si leur dette, diminuée de leurs actifs financiers, représente 60% du Produit intérieur brut, leurs avoirs physiques comme les infrastructures, les établissements d’enseignement, les stades, les hôpitaux…, équivalent à 90% du PIB. Le “solde” est positif.
La France est un pays riche, la 5ème puissance mondiale, et la faillite n’est pas pour demain.
Mais si la France est un pays riche, cette richesse est mal répartie. 25 millions de Français les plus pauvres ne disposent que de 4% du patrimoine national, cependant, les 500.000 Français les plus riches en détiennent 24% ! Il faut donc par une réforme fiscale équitable se donner les moyens d’une plus grande solidarité.
De même, si les administrations publiques disposent d’un patrimoine conséquent, qui est la richesse de ceux qui n’ont rien, il ne faut pas le laisser se dégrader par une réduction trop accentuée des dépenses publiques consécutivement aux politiques d’austérité.
Il y a de l’argent en France, mais cet argent est mal employé. Les déclarations à l’emporte-pièce ne sauraient faire oublier l’impérieuse nécessité de la défense des biens de la collectivité, d’une plus grande justice sociale et de la relance économique, seule capable de créer des emplois.
Wilfrid Bertile
Courrier des lecteurs
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