Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
16 juillet 2012

L’indécence publique n’est pas punie par la loi. Du moins, cette indécence-là. Dommage. Car l’organisation d’une garden-party ce 14 juillet constitue une véritable provocation. Faut-il rappeler que La Réunion arrive au second rang des 271 régions européennes avec un taux de chômage colossal de 58,5% pour les jeunes de 15 à 24 ans ? Des jeunes qui ne sont pas conviés à la garden-party, bien évidemment. D’après la presse locale, les services préfectoraux excipent du fait que la manifestation aurait été financée grâce à une recette exceptionnelle.
Je serais curieux de savoir comment la Cour des comptes va apprécier le fait qu’un ordonnateur puisse affecter directement une recette à une dépense plutôt que d’abonder le budget général de l’État. Au demeurant, je doute fort que cette entorse aux règles de la comptabilité publique passe le cap des contrôles de la Direction des finances publiques. Mais au-delà de ces considérations “comptables”, il reste que la dépense publique liée à l’organisation de la garden-party est bien réelle et alourdit ainsi les déficits publics, et aurait dû être évitée. Une recette exceptionnelle est toujours la bienvenue, mais il n’est pas urgent de la gaspiller aussitôt dans des agapes bien inutiles.
Rappelons qu’au niveau national, il n’y a pas de garden-party à l’Élysée pour la seconde année consécutive. Le « droit » d’organiser une grande fête par an, avancé par la préfecture, ne vaut pas obligation en pleine période de réduction des dépenses de l’État. Que cette garden-party soit cautionnée par un ministre d’un gouvernement de gauche n’arrange rien, au contraire. L’endroit (les jardins de l’ancien palais du gouverneur), la sélection des invités et tout le faste qui entoure cette manifestation rappellent singulièrement les soirées gubernotariales du « temps béni de la colonie »…
Pourtant, les citoyens attendent que leurs élus et leurs responsables échangent et travaillent ailleurs que dans des pince-fesses dispendieux. Ces élites de la Nation seraient-elles sourdes aux grondements qui s’amplifient ? Non, pas l’orage dans les Hauts ! Non, pas les roulements de tambour de la Fête nationale ! Non, la grogne des centaines de milliers de familles qui ne ramassent que les miettes du festin républicain.
Condamnées à mendier du travail au Pôle Emploi ou auprès d’un élu clientéliste. Condamnées à subir les bureaucraties paperassières des “Caisses” et autres services publics. Condamnées à l’indignité sociale. Condamnées à l’exclusion. Alors, cette garden-party, c’est plutôt maladroit.
Pire : c’est mal à gauche !
Charles Durand,
Le Brûlé – Saint-Denis
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
In kozman pou la rout
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