La morale et la justice

29 avril 2008

La vie politique de La Réunion se déroule au rythme des affaires et des scandales liés aux différentes municipalités. Quasiment tous les jours, on entend de nouvelles condamnations, et de nouvelles instructions. Pourtant, ce sont toujours les exécutants qui sont poursuivis, jamais les commanditaires. Sauf, que tout le monde les connaît. Aujourd’hui, les SEM affiliées constituent les caisses de résonance des magouilles et autres malversations de nos élus. L’affaire Cederby est à ce point de vue édifiant. Loin de dédouaner ce prévenu des charges qui lui sont reprochées, on s’aperçoit que l’ombre du Maire de Saint-Pierre a plané toute la semaine sur les débats. Et pourtant, tous les témoins ont reconnu l’implication du maire. De même, le premier adjoint de Sainte-Marie est mis en examen pour l’existence de quelque 250 emplois fictifs. Devant la masse d’argent nécessaire pour payer ces personnes, le maire ne pouvait pas ne pas être au courant. Ou alors, cela voudrait dire que la commune de Sainte-Marie est gérée par un incapable depuis de nombreuses années. Que ce soit l’un ou l’autre, les Sainte-Mariens se sont trompés en lui donnant, de nouveau, un blanc seing. Enfin, il reste le cas du maire de Sainte-Suzanne. Ce cas est différent des autres, car, semble-t-il, la justice a décidé de le mettre à mort. On ne compte plus les actions intentées en justice contre ce maire. Et pourtant, elles ont toutes abouti à des non-lieux. Et pourtant, la justice continue de s’acharner sur le pauvre Maurice Gironcel. On voit bien là le “deux poids deux mesures”. Pendant que les maires de droite ont droit à tous les égards, et à des protections de la part des magistrats, ceux de gauche, même ceux qu’on n’a pas réussi, pour l’instant, à salir subissent les foudres de la justice souveraine de notre pays. Ne parlons pas ici de M. Salvan, ni des magouilles, sous l’œil bienveillant de la justice de l’ancien maire de Saint-André. Alors, il faudrait que, une fois pour toute, on arrête de tout leur pardonner à nos élus. Il faudrait que tous ceux qui sont condamnés, ou qui l’ont été, ne puissent plus se présenter aux élections. Est-il normal que des maires condamnés pour avoir détourné l’argent public, puissent, après quelques années, se représenter aux élections ? Pour les fonctionnaires, une simple mention au casier judiciaire ne permet pas de travailler. Pourquoi ne pas fixer cette règle pour les politiciens ? Et pour contourner leur obstination contre cette loi nécessaire, il suffit de mettre en place un référendum d’initiative populaire. De cette manière, cette loi pourrait être mise en place et gravée dans le marbre.
Il en va de la justice et de la morale dans notre pays.
Il en va tout simplement de notre honneur.

Bertrand Reshad Bertil


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?

Messages

  • Monsieur Bertrand Reshad Bertil,

    J’ai lu avec beaucoup d’attention vos interrogations concernant les élus qui ont été condamnés pour des délits accomplis dans l’exercice d’un mandat et ayant une relation directe avec celui-ci (ça s’appelle souvent corruption). Sachez que l’association Anticor et Transparency International se battent pour que de telles situations les rendent inéligibles à vie. Cette proposition a été rejetée par Rachida Dati en novembre dernier lors de la discusion à l’AN sur le projet de loi anticorruption. Il faut donc continuer à se battre pour faire aboutir cette proposition. Pour ce faire rejoignez une de ces deux associations tout comme moi je l’ai fait.
    Roux Jean-Pierre ([email protected])
    Membre du Bureau d’Anticor

  • Je soutiens Maurice GIRONCEL.
    J’ai lu dans le journal TEMOIGNAGES, votre situation eu égard à la justice. C’est avec étonnement et colère que j’apprends que cette justice...Si demain vous êtes convoqué devant les tribunaux et si je suis invité à témoigner voici ce que je proclammerai :"Tous les Réunionnais vous connaissent y compris ceux qui sont "dehors" comme nous en Métropole.Nous avons toujours apprécié vos qualités humaines, vos propositions justes et nous nous reconnaissons en elles. Votre réélection suffit en elle-même pour démontrer ce que vous êtes.Le peuple vous reconnaît.
    Je suis inquiet devant la réaction de l’appareil judiciaire...comme on ne peut vous "battre" dans une élection normale, alors il faut vous "battre", ou vous "abattre" autrement. Comme beaucoup d’élus réunionnais vous avez décidé d’être à côté des gens de
    " peu ". Vous restez fidèle à ces petites gens. Comment ne pas vous témoigner ma solidarité et vous dire :" c’est parce que vous vous battez pour ce qui est juste et beau, que l’on veut ..."

    Voir en ligne : une justice des hommes. Mais quels hommes !


Témoignages - 82e année


+ Lus