La mort en face

1er février 2007

Une auto-école est cambriolée. Quatre belles motos de grosses cylindrées disparaissent. Le responsable de son commerce porte plainte. La police mène l’enquête tambour battant, les quatre voleurs, chacun sa moto, sont arrêtés en l’espace de quelques heures et les engins sont restitués au propriétaire de son école, de la ville du Tampon. Voilà une affaire rondement menée, efficace sans bavure. Malheureusement toutes les enquêtes de police pour arrêter un individu, dangereux criminel, ne sont pas prises avec la même considération.

Ah ! Si la police de Saint-Louis avait eu la même efficacité, pour mettre la main sur Giovanni Poirier, l’assassin de M. Ortain égorgé en plein jour, un dimanche matin sur la route de l’Entre-Deux. Voilà un gaillard qui s’est promené pendant 24 longues heures, en liberté totale après avoir assommé un jeune homme et moi-même. Auscultés et soignés par les pompiers cachés derrière la gare routière de Saint-Louis. Loin des yeux du public. À croire que police et pompiers s’étaient donné le mot pour ne pas déranger ce marginal dans son errance de terreur. Cet homme aurait pu être repéré facilement avec le déploiement policier mis en place le jour de la visite de Simone Veil. Invitée par M. le maire, place des Grands Hommes.
La police refuse ma plainte. Je suis consterné. Je décide d’en informer le Procureur de la République.

Mon courrier prendra effet 30 jours plus tard. Le commissariat me rappelle pour que je puisse enfin porter plainte. Pour rien.
Il n’y aura jamais de procès. Le meurtrier est déclaré irresponsable. Il est envoyé dans un établissement spécialisé, en métropole. Au moment des faits, cet homme aurait dû être en prison, jugé et condamné pour d’autres faits de violences commis à l’arme blanche. La justice laisse les victimes dans l’indifférence. Seulement informées par la presse écrite.
Quatre gros cubes valent mieux qu’une vie.

Gilles la Ravine Blanche


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Témoignages - 82e année


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