Le 5 septembre, rendez-vous au Parc Boisé du Port
20 août, par30e anniversaire de l’alerte lancée par Paul Vergès sur la crise climatique
29 décembre 2006

La précédente élection d’Oscar Temaru à la présidence de la Polynésie française le 14 juin 2004, confirmée le 16 mars de l’année suivante, avait été un véritable coup de tonnerre dans le ciel de ce territoire français du Pacifique : le Président sortant, Gaston Flosse, ami personnel de Jacques Chirac, était déboulonné de son trône où il était installé depuis plus de 20 ans. Tout le système électoral minutieusement mis en place par l’administration française, les mille et une manœuvres frauduleuses pour tenter de le sauver in extremis n’ayant pas réussi devant la poussée du peuple de l’archipel, mobilisé en masse. Et l’opinion effarée découvre avec stupeur, grâce aux médias scandalisés, une corruption à grande échelle étalée sans vergogne, des dépenses astronomiques à défier toute imagination.
C’est par exemple l’atoll de Tupai de 998 hectares, situé au Nord de Bora Bora, acheté en 1998 pour 5,7 millions d’euros, qui devait constituer une « réserve foncière à vocation touristique et agricole » et qui est aménagé à grands frais pour servir à bien d’autres fins : bungalows somptueux, piste d’atterrissage portée de 730 à 900 mètres grâce à un remblai sur la mer de 12 à 13 mètres de large, soit en plus 13,4 millions d’euros. C’est aussi Fakarava, un autre atoll avec bien sûr son aérodrome, un débarcadère, un quai, un port de plaisance, une route de 22 kilomètres etc..., en tout pour 21 millions d’euros, tout ça pour accueillir le Président Chirac de passage dans la région et qui, finalement, ne s’y est pas rendu. C’est encore pour la présidence locale et sa suite, l’avion spécial ATR de 13,9 millions d’euros, le parc automobile de 70 voitures dont plusieurs de luxe, etc... Tant et si bien qu’il ne rate pas les mises en examen pour « faux et usage de faux », « trafic d’influence », « prise illégale d’intérêts » et même « complicité de tenue illicite d’une maison de jeux de hasard ». Mais à chaque fois, il réussit comme par miracle à passer à travers. En octobre 2005, il est de nouveau mise en examen pour « détournements de fonds publics et prise illégale d’intérêts », en même temps que, Gaston Tong Sang, l’actuel Président de l’assemblée territoriale nouvellement élu, et dans quelles conditions !
Mais comment en est-on arrivé là ? C’est vrai que Temaru ne disposait que d’une ou deux voix de majorité. Il aurait fallu depuis bien avant organiser des élections honnêtes qui lui auraient permis d’avoir les mains plus libres pour pouvoir diriger le pays, le mettre réellement sur la voie du développement en rompant une fois pour toutes avec cette « économie de comptoir » en honneur jusque-là, et résister aux pressions incessantes exercées sur les élus plus fragiles.
Après tant de déboires des gouvernements français successifs dans ses anciennes colonies, après tant de souffrances, tant de morts stupides provoquées par les guerres coloniales, on aurait pu penser que le gouvernement présidé par Jacques Chirac, qui se dit pourtant l’héritier du général de Gaulle, aurait enfin tiré les leçons de l’Histoire. Mais non, pour des intérêts subalternes, liés sans doute à ceux de son parti, de l’« Etat UMP colonialiste », comme le dit Oscar Temaru, il continue la même politique coloniale qui porte atteinte à l’intégrité de la République jusque dans sa devise : liberté, égalité, fraternité, et qui constitue l’unique source de la corruption.
Décidément, à quelques mois seulement de l’élection d’un président, la France ne sort pas d’une conception monarchique, coloniale et mercantile de la République.
Georges Benne
30e anniversaire de l’alerte lancée par Paul Vergès sur la crise climatique
Ni antan kékfoi dann zoinal bann zoinalissti parl la rout la soie. Sirman ni domann anou kossa i lé so rout-la. Kossa li lété dann tan lontan é (…)
In kozman pou la route
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