APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
26 décembre 2013

La Région Réunion défend le projet de construction d’une nouvelle route du littoral pharaonique, une véritable autoroute sur la mer à 2 X 3 voies estimée à 1,660 milliards. Pour lancer les travaux, la Région a demandé au gouvernement de pouvoir déroger aux interdictions protégeant un certain nombre d’espèces marines et terrestres qui pourraient être gravement impactées par un tel chantier. On pouvait espérer que la puissance publique prendrait en compte la protection de la biodiversité réunionnaise, l’une des plus riches mais aussi des plus fragiles de la planète.
Il n’en est rien, les arrêtés viennent d’être publiés dans la plus grande discrétion. Désormais la Région Réunion est autorisée, selon les termes de l’arrêté, à détruire, altérer ou dégrader les sites de reproduction d’une vingtaine de mammifères marins dont la Baleine à Bosse, figurant sur la liste des espèces menacées d’extinction (Convention internationale CITES) et le Grand Dauphin de l’Indo-Pacifique espèce considérée comme en danger d’extinction par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).
La Région est aussi autorisée à détruire, altérer, ou dégrader les sites de reproduction de deux espèces de tortues marines, dont la tortue verte, en danger d’extinction et la tortue Carette, en danger critique d’extinction selon l’UICN.
La décision gouvernementale permet aussi à la Région « la capture ou l’enlèvement, la destruction, et le transport de spécimen » de huit espèces d’oiseaux protégés comme le Pétrel de Barau, espèce classée en danger d’extinction sur la liste rouge de l’UICN.
Toutes les instances environnementales, réunionnaises et nationales, ont donné un avis défavorable au projet actuel de la Région, la décision gouvernementale qui va à l’encontre de l’avis du Conseil National de la Protection de la Nature du 24 juin 2013, est donc aujourd’hui lourde de conséquences, elle conforte le lobby du tout automobile qui règne sans partage sur notre île depuis plus de quarante ans.
Mais il n’est pas sûr qu’il ait le dernier mot, les associations environnementales vont pouvoir attaquer devant le tribunal ces arrêtés scandaleux et, espérons-le, faire respecter le patrimoine naturel et la biodiversité de La Réunion dont ce gouvernement se montre si peu soucieux.
Jean-Pierre Marchau
Collectif Non à la NRL
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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