L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
11 décembre 2006

La victoire de Madame Ségolène Royal au sein du Parti socialiste crée un élan, une dynamique. Il n’est pas impossible qu’elle génère aussi sa part d’illusion. Chez nombre de nos concitoyens, le besoin de changement est si grand, l’attente si forte, et le rejet de Sarkozy si radical, que la démarche politique relève plus de la foi que de la raison.
Pourtant, selon le mot de la candidate socialiste, la situation appelle à regarder les réalités en face et les problèmes tels qu’ils se posent. Pour tous les réunionnais qui souhaitent avant tout peser sur les choix à venir, il n’est pas en effet d’autre voie que celle-là. Ce qui implique de leur part un réel engagement citoyen plutôt qu’une simple adhésion à une candidature. La place de La Réunion dans le débat présidentiel, c’est aux Réunionnais de la conquérir.
Cela pose, en passant, la question du PS local. Perdu entre le déshonneur et l’impasse stratégique, avec ou sans Ségolène, son problème reste entier. Il ne sera résolu ni par Paris ni par l’élection présidentielle. Ce problème attendra donc, selon la formule, son inéluctable solution. Encore faudra-t-il, qu’instruits par l’événement, les socialistes réunionnais, désormais plus nombreux à l’extérieur de la fédération locale qu’à l’intérieur, acceptent de regarder cette réalité en face.
Mais au-delà de ce problème somme toute secondaire, ce qui importe c’est de réussir la mobilisation des réunionnais sur des objectifs partagés.
L’histoire politique de notre île, depuis la Révolution, balance entre deux pôles : d’un côté, le désir d’autonomie, au moins de prise en compte des réalités régionales, de l’autre, la volonté d’assimilation, en tout cas d’égalité des droits. Pour la période qui vient, alors que l’égalité sociale est achevée, quelles mesures spécifiques prioritaires voulons-nous pour un développement réel nous conduisant vers l’égalité économique ?
L’idée contractuelle, chère à Michel Rocard, trouve ici sa pertinence. La candidate socialiste a évoqué la perspective d’un nouveau "pacte social", tandis qu’à La Réunion a été récemment relancée la proposition de renouveler le "contrat social" entre les Réunionnais et entre La Réunion et la nation. Sachant que les marges de manoeuvres sont étroites, qu’aucune mesure spécifique nouvelle ne peut réussir qu’à la condition d’être d’abord portée localement et de représenter un plus, non un moins, par rapport à la norme commune, quel contenu donner à notre contrat ? Quelles priorités retenir ?
Une nouvelle fois, sur ce terrain, la réponse ne peut être attendue de Paris, mais des réunionnais eux-mêmes. C’est donc ici et maintenant que doit s’instaurer un débat productif permettant de nous rassembler sur quelques idées forces.
Pouvoir d’achat, emploi, éducation, santé, logement social, environnement, transports publics, tourisme, agriculture et aménagement du territoire, il n’est pas d’enjeux majeurs qui n’appelle aujourd’hui des choix de "valeurs", mais aussi, au terme d’un débat authentique, la recherche de compromis dynamiques, adaptés à notre situation.
De même, sur le sujet de la relance européenne. Certes, le défi n’est pas mince, alors qu’après le référendum de l’année dernière, le dialogue entre "altermondialistes " et "gauche de gouvernement", en reste encore à ses balbutiements. Mais si l’on retient l’idée d’une approche régionale avancée par la candidate socialiste, quelle contribution des Réunionnais ?
Avec la nouvelle donne européenne en tout cas, notre statut de région ultrapériphérique, conquis de haute lutte, ne nous assure plus la garantie d’un traitement préférentiel au niveau du passé. Raison de plus pour que La Réunion n’ait pas peur des "idées neuves" et soit porteuse de propositions pour obtenir des moyens adaptés.
Il appartient donc aux Réunionnais, s’ils le veulent, d’avancer leur propre synthèse et leurs propositions. Entre le désir de changement et l’illusion, il y a place, à gauche, pour l’engagement démocratique.
Dominique Rivière
Membre du Parti Socialiste
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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