Di sak na pou di

La population de Saint-André prise en otage

Paul Dennemont / 15 janvier 2018

JPEG - 17.3 ko

« Le Président de Région, Didier Robert n’a toujours pas digéré la défaite de son candidat Jean-Claude Lacouture, à la présidence du Conseil Départemental. Il l’a fait savoir en utilisant la manière forte… en privant son 3e Vice-président, JP Virapoullé soupçonné de trahison, de toutes ses délégations. Les cicatrices laissées par cette tragi-comédie politique sont profondes et seront difficiles à guérir », avais-je écris le 22 décembre dernier.

Les plus naïfs d’entre nous auraient pu penser que c’était un coup de colère du Président de Région et que ce ressentiment allait s’atténuer avec la trêve des fêtes de fin d’année, mais il n’en est rien, et ce en dépit de l’apaisement étonnant opté par Jean-Paul Virapoullé. A en croire la presse de ce dimanche 14 janvier, les choses s’enveniment, et prennent une tournure inquiétante, non pas pour Jean-Paul Virapoullé, et son fils Jean-Marie, mais pour la population de Saint-André qui risque de payer chèrement les conséquences de cette guerre ouverte entre le Président de Région et le Maire de la Commune.

Lors d’une réunion tenue au Tampon, jeudi dernier avec ses militants, Didier Robert se serait lâché en déclarant qu’il n’y aura plus un sou d’investissement à Saint-André, sous prétexte de trahison politique. Il s’agit là d’un comportement indigne d’un Président de Région et dangereux pour la démocratie. En agissant ainsi, ce n’est pas Jean-Paul Virapoullé que punit Didier Robert, mais bien les administrés qui n’ont rien demandé à personne et sont pris comme otages.

Est-il besoin de rappeler que lorsque Paul Vergès était Président de Région, la Collectivité qu’il dirigeait finançait les projets des communes sans se soucier de la couleur politique de leurs dirigeants dont certains étaient ses pires adversaires. Loin de moi de vouloir prendre position pour Virapoullé que je combats politiquement - avec les modestes capacités qui sont les miennes - depuis son entrée en politique en décembre 1969.

Mais force est de constater que les propos incendiaires du Président de Région, rapportés par la presse, font froid dans le dos et rappellent l’époque mémorable que fut celle de Michel Debré, ami du même Jean-Paul Virapoullé. Et l’on peut comprendre l’inquiétude du Président de l’Association des petites et moyennes entreprises de Saint-André qui craint que les projets prévus pour la ville soient remis en cause par les bisbilles entre Didier Robert et Jean-Paul Virapoullé.

Paul Dennemont
Saint-André