La République : la seule planche de salut

27 juin 2007

Le mot a été souvent cité au cours de cette campagne présidentielle, peut-être plus que lors des précédentes élections, sans qu’il ait pour autant retrouvé tout son sens originel de Respublica, l’affaire publique de tous. De la même manière, la devise de la République a été déclinée sur tous les tons par la plupart des candidats. Et nous avons pu voir à la télévision, célébrée par l’un d’entre eux, une sorte de grand’messe autour de chacun des trois termes pris séparément : liberté, égalité, fraternité, alors qu’ils forment un tout indissociable.
Ce regain d’intérêt pour la République, même s’il peut paraître formel, vient pour une large part de la candidate Ségolène Royal qui, dès ses premières interventions publiques, a donné le ton et créé la surprise par ses formules sur la démocratie participative ou les jurys citoyens. Et c’est à son honneur d’être restée fidèle à ses principes tout au long de la campagne, face aux critiques qui n’ont pas manqué, à droite comme à gauche, où on s’est permis de lui rétorquer qu’elle n’avait rien inventé puisque la démocratie participative fonctionnait déjà. Nous l’avons entendue à nouveau le soir du second tour des législatives quand elle a déclaré : « les Françaises et les Français ont voulu par leur vote donner un sens à la République’’.
Et pourtant ce combat pour la République est loin d’être terminé. Il nous faut au contraire le poursuivre sans nous arrêter un seul instant, sans nous laisser détourner par d’autres voix discordantes ; il faut pousser plus à fond la réflexion, faire descendre définitivement du fronton des bâtiments publics notre magnifique devise aux trois mots incontournables pour les traduire dans la réalité quotidienne. Travail inépuisable mais ô combien exaltant ! à mener de toute urgence face à l’avancée inexorable de la mondialisation capitaliste qui transforme la société en un vaste marché, où tout s’achète et tout se vend.
Au demeurant, cela pourrait sembler trop simple, voire simpliste, que de proposer la République comme unique rempart au Tout marché. Et pourtant, après l’échec de toutes les expériences tentées jusqu’ici, en passant par le collectivisme à la social démocratie, nous ne voyons pas d’autre solution pour nous tirer de là, à condition d’y investir toutes nos forces, toute notre énergie, toute notre intelligence et par-dessus tout ne jamais capituler. « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, disait Martin Luther King, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots ».

Georges Benne
et Marine Richarson


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Témoignages - 82e année


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