Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
6 décembre 2007

Les récentes saisies de marijuana dans l’île, bien qu’elles ne soient pas inhabituelles et apportent toujours une touche divertissante à des faits divers souvent lugubres, me font penser à la chanson doucement irrévérencieuse de Gainsbourg « A la brigade des stups » et me conduisent à réfléchir à la place du zamal dans la société réunionnaise.
La variété la plus courante, originaire d’Inde, a été introduite massivement à la période de l’engagisme ; d’autres variétés ont été également importées aux siècles précédents par des africains et des malgaches ou par des voyageurs au cours de ces dernières décennies. Elle a très vite fait partie intégrante de la culture réunionnaise, suivant les populations dans leur migration, accompagnant le coupeur de cannes dans son dur labeur, utilisé par les tisaneurs, servant de nourriture aux animaux, rendant les combats de coq plus attractifs... Elle est actuellement cultivée dans tous les endroits de l’île, la kour, les ravines, les champs de canne, les cirques, les sous-bois, et même de plus en plus sur les balcons et dans les appartements. Une première question est donc de savoir quelle sera sa place dans le Parc National des Hauts alors même que sa culture fait partie intégrante du patrimoine réunionnais et a été introduite dans les cirques par les esclaves marron et les petits blancs des Hauts.
Jusqu’à une période assez récente, il ne faisait pas l’objet d’un véritable commerce et se situait plutôt dans un système de troc. La répression actuelle a contribué à la raréfaction du produit et à sa monétarisation grandissante. De fait, cela conduit de nombreuses personnes à acheter des neuroleptiques, moins chers, et à développer des polytoxicomanies à l’origine de nombreux actes de délinquance.
L’Etat français a adopté une attitude hypocrite à ce sujet refusant tout débat contrairement à ses voisins européens, n’envisageant pas même la dépénalisation et obligeant bien souvent le juge judiciaire, face à la coutume et à la pratique, à minimiser les peines. Pourtant, organiser son commerce et réfléchir à une législation adaptée ne pourrait être que bénéfique. Le zamal pourrait avantageusement remplacer la canne, vivant grâce aux subventions européennes. Tout d’abord, il n’y aurait aucun problème de reconversion pour les employés de ce secteur et pas de grandes dépenses d’investissement. Son exploitation à grande échelle est plus respectueuse de l’environnement, nécessitant moins d’eau et aucun engrais ; il contribue aussi à retenir les terres sur les pentes. Ses débouchés sont plus nombreux. Il peut être utilisé dans le textile, comme fourrage, pour produire de l’électricité. Il peut aussi servir dans les traitements de séropositifs ou de malades du cancer comme c’est le cas dans plusieurs Etats fédérés des Etats-Unis, ou dans le cas du chikungunya ainsi qu’une grande partie de la population l’a redécouvert pendant l’épidémie. Sous la forme de tisane, de beurre ou d’huile, il ne présente pas les mêmes dangers pour la santé publique que le tabac, et peut se substituer aux antidépresseurs dont les français sont les plus gros consommateurs en Europe. La création de coffee shops pourrait enfin amener de nombreux touristes et rapporter des devises à l’État.
À quand un appel du 18 joint à La Réunion ?
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
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