La Réunion n’a pas de touristes, mais a-t-elle des idées ?

19 mars 2007

Si à chaque alerte cyclonique les services de l’État, les services communaux et la Préfecture assument d’une façon exemplaire l’urgence, je vais relater un fait qu’un ami m’a récemment suggéré et que j’avais ressenti lors de la présentation du journal télévisé. Lors du cyclone Gamède, trois cents touristes dont de nombreux allemands qui devaient se rendre à l’île Maurice ont été rapatriés à La Réunion et reçus dans les abris communaux de ceux qui cherchent un refuge.
Alors que nous dépensons des sommes souvent considérables pour des campagnes publicitaires aux retombées parfois aléatoires, n’aurait-il pas été judicieux de la part du CTR et des collectivités d’essayer, malgré les difficultés ambiantes, de mieux recevoir ces hôtes en budgétisant, dans la mesure du possible, un accueil hôtelier de meilleure qualité avec un chaleureux rhum arrangé et une musique pays de circonstance ? Cela eut aidé les hôtels en manque de clientèle et fait trois cents nouveaux ambassadeurs de La Réunion “Ile au bon accueil”.
La fortune, il faut la prendre au détour du chemin. C’est dans des situations concrètes que nous ferons avancer le développement du tourisme qui est la plus grande “industrie” de l’île porteur de devises.
Pourquoi Maurice, l’île sœur, a été remplie de touristes toute l’année alors que nous étions étiolés ? Même si la juste information sur l’épidémie du chikungunya a contribué à cet état de fait, d’autres raisons expliquent cette différence. D’un côté vous avez un pays et des hommes qui, en matière de tourisme, prennent leur responsabilité de chef d’entreprises, de politiques et de citoyens, de l’autre vous avez une région de France, immensément belle, mais surprotégée et en même temps profondément déséquilibrée... et prisonnière de ses contradictions dans laquelle la véritable identité, celle du travail, de l’accueil et le sens du pays a été oblitéré pour des raisons souvent d’intérêt catégoriel ou individuel et où l’administration règne en maître alors que nous sommes ou demeurons tous des serviteurs de l’intérêt public...
La qualité de l’accueil de nos touristes fait aussi partie de ce service public et nous aurions tout intérêt à y penser lors d’une prochaine alerte.

Christian Vittori


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Témoignages - 82e année


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