La route des baobabs

16 octobre 2006

Après l’épisode de nos bois de lait indigènes, voici que, dernière nouvelle, sur la route susnommée “des Tamarins”, des baobabs devraient être plantés sur les ronds-points.
Nous connaissions notre baobab de la DDE, celui de l’hôpital de Saint-Louis, celui de Mon-Caprice à l’intersection de la RN3 et de la Ligne des Bambous et celui de la zone industrielle de Bel-Air à Saint-Louis. Si ce projet se réalise, nous aurons ceux de la route des Tamarins. Ce qui n’est pas pour nous déplaire, car cela nous rappellera l’Afrique majestueuse.
À propos, savez-vous que cet arbre produit aussi de délicieux fruits eux-mêmes légèrement acides que l’on appelle en Afrique “pains de singe”, car les singes aiment les décortiquer et les sucer ?
Alors enfant dans la brousse, quand j’étais “petit marmaille”, je me faisais un plaisir d’essayer de les attraper pour les déguster sans modération.
Voilà quelques années, un écrivain du pays avait précisé que le baobab était l’arbre à palabres d’Afrique. Cet écrivain que je ne nommerai pas faisait lui aussi fausse route, car le baobab des régions tropicales sèches est quasiment sec et dénudé (la légende nous dit que le créateur s’était trompé en le plantant à l’envers).
En fait, notre bon vieil arbre à palabres est le fromager (qui n’a rien à voir avec le corbeau et le renard de Jean de la Fontaine). C’est un arbre bien vert aux larges frondaisons... il fait bon de se mettre sous son frais ombrage lorsque le soleil est au zénith. Si nous essayons de planter quelques fromagers dans le pays, nos conteurs palabreraient des journées entières, au grand plaisir des enfants qui aiment entendre de belles histoires...
Nous pourrions aussi évoquer l’existence possible du dodo blanc pays... Les ornithologues et autres scientifiques auraient tort de croire qu’il n’a jamais existé. Il y a bien dans nos îles deux tuit-tuit, deux pailles en queue différents ? Pourquoi pas deux dodos, l’un mauricien, l’autre bourbonnais ?
Décidément, cette route des Tamarins est d’un bon cru, elle est inspirante et n’a pas fini de susciter d’agréables surprises... J’espère que les lecteurs apprécieront ce présent billet qui n’a d’autre prétention que de leur faire passer un agréable moment.

Christian Vittori

PS : Aux Comores, un baobab était si vaste et si spacieux (entre l’aéroport et Moroni) qu’on avait creusé son tronc pour en faire une prison.


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Témoignages - 82e année


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