La seule alternative

14 janvier 2008

IL peut sembler curieux que Rama Yade, la secrétaire d’Etat auprès du Ministère des Affaires Etrangères, soit amenée tout d’un coup à affirmer qu’« il n’y a pas d’alternative à Sarkozy ». Je suis de ceux qui pensent au contraire qu’il y en a une, ou plutôt qu’il peut y en avoir une si elle le veut bien : Ségolène Royal. Pourquoi ? Parce que, n’en déplaise à Lionel Jospin, elle a toutes les qualités pour assumer la fonction de Présidente de la République, mais dans une toute autre direction. La très longue et épuisante campagne de la Présidentielle, comme la rude épreuve du débat qui l’a mise face à face à son principal adversaire, l’ont amplement démontré. De même que son courage qui n’a jamais failli avant, pendant et après la bataille.
Mais il y faut cependant une autre condition encore plus essentielle, c’est qu’elle revienne aux principes qu’elle avait si chaleureusement défendus, et avec autant de bonheur, bien avant l’ouverture de la campagne lorsqu’elle avait annoncé son intention de se présenter et qui avaient suscité d’emblée l’adhésion d’un grand nombre de Français. Principes, il faut se le rappeler, qui sont inscrits dans le mot République, de Respublica, l’affaire publique de tous, et qui s’inspirent également des trois magnifiques mots qui composent la devise de la République et qui se complètent merveilleusement pour former un programme à développer à l’infini : liberté, égalité, fraternité, avec leur traduction concrète par la “démocratie participative” et les “jurys de citoyens”.
En face, on l’avait si bien compris qu’on avait vite organisé une sorte de grand-messe sur le même thème des trois mots de la devise républicaine, avec la participation comme maître de cérémonie de l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.
C’est en s’investissant à fond dans cette vaste entreprise qui peut paraître a priori démesurée face au terrible enjeu auquel nous sommes tous confrontés - car il y va de l’avenir même de l’humanité - que Ségolène Royal peut donner toute sa mesure et mener à bien sa mission. Ou le Tout marché qui poursuit impitoyablement son œuvre de destruction et de dégradation du monde au profit exclusif d’une minorité ou la République à créer, - oui, à créer de toute urgence, à inventer de toutes pièces car elle n’a jamais vraiment existé - avec la participation du plus grand nombre possible, afin de promouvoir le bonheur de toute la population.

Georges Benne


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Témoignages - 82e année


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