APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
10 décembre 2007

Le 10 décembre 1967. Une date que les St-Andréens n’oublient pas, tant elle est gravée dans les annales de la honte et des scandales électoraux de La Réunion. La situation politique - créée par le pouvoir de Droite en place - qui prévaut à cette époque dans notre île et le climat particulièrement malsain qui accompagne chaque consultation électorale sont toujours ancrés dans les mémoires.
Chantages, corruption, intimidations, urnes bourrées, assesseurs frappés et expulsés des bureaux de vote, des méthodes chères à Michel Debré, couvertes par l’administration et qui permettent d’ailleurs à l’ancien Premier ministre, battu lors des Législatives de novembre 1962 dans son fief de l’Indre et Loire, de se faire élire le 5 mai 1963 avec 80% des voix, député de la 1ére circonscription de La Réunion où il va régner en monarque absolu, et ce, pendant de longues années.
La démocratie est bafouée, le PCR est bâillonné. Paul Vergès est interdit d’antenne à l’ORTF où sévit J.-Vincent Dolor, qualifié par ailleurs de « colonisé qui s’ignore » par G. Marchais lors de la mémorable interview télévisée du 3 avril 1979. A l’exception de “Témoignages”, maintes fois saisi, la presse de l’époque soutient, voire encourage, les auteurs de ces pratiques qui font la honte de La Réunion. C’est dans ce contexte qu’a lieu le 1O décembre 1967, l’élection municipale partielle à St-André, opposant le Dr Dubard à Paul Vergès. Quelques semaines auparavant, le 24 septembre, le scrutin s’était déroulé dans des conditions de fraude et de violence telles, que le Préfet s’est vu contraint de suspendre les opérations de vote. Forts de l’impunité dont ils bénéficient, les fraudeurs et les nervis vont exceller ce 1O décembre dans leur sale mission, et ce en dépit du protocole signé par les représentants des deux listes en présence, et visant à garantir le bon déroulement du scrutin.
Au cours de la nuit précédant le vote, et dans la matinée du dimanche, des tentatives d’intimidation et plusieurs incidents sont signalés. La tension est vive. Nombreux sont les St-Andréens qui iront accomplir leur devoir électoral, la peur au ventre. Et pour cause !
En tout début d’après-midi, les choses s’accélèrent. Les assesseurs communistes sont expulsés des bureaux de vote, les urnes sont bourrées. Les nervis se déchaînent. Au coin de l’actuelle rue du Père Repond, à quelques mètres de la mairie du centre-ville, Edouard Savigny, un sympathisant communiste, est battu à mort. Il décède un peu plus tard dans la soirée, à sa modeste case de la cité des Figues, à Mille Roches. Ses assassins ne seront jamais inquiétés.
Sans honte aucune, les fraudeurs et nervis savourent la victoire. Le scrutin sera, bien entendu, validé par le Tribunal administratif de Saint-Denis, mais annulé, deux années plus tard, en 1969, par le Conseil d’État. De nouvelles élections se dérouleront le 14 décembre de cette même année.
40 ans après ces graves évènements, le souvenir d’Edouard Savigny demeure un symbole. Celui d’une victime des méthodes de l’ère Debré et d’une institution judiciaire complice.
Mais au-delà de l’hommage à la mémoire d’Edouard Savigny, l’anniversaire de cette triste journée, doit nous inviter à la réflexion et à tirer les enseignements des luttes passées. Sans doute, devraient-ils nous amener à faire d’avantage preuve d’humilité et nous inciter à nous conduire en dignes héritiers.
C’est en substance, me semble-t-il, le sens même du message adressé par Paul Vergés aux Réunionnais le 28 novembre dernier, au Port, à l’occasion de la célébration du 1O0ème anniversaire de la naissance de Léon de Lépervanche.
Paul Dennemont
Saint- André
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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