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28 juillet, parImpact de conflits lointains dans un pays insulaire dépendant de lointaines importations
2 mai 2012

J’ai commencé à travailler très jeune, aux côtés de mon père. Il était tôlier, forgeron et chaudronnier. J’étais fort-manoeuvre. Il m’a appris ses différents métiers. Ce qui ne m’a pas empêché de suivre régulièrement ma scolarité.
Après mon certificat d’études primaires, je souhaitais entrer en 5e, pour passer mon brevet élémentaire. Mon père s’y opposa : il voulait absolument que je devienne un ouvrier professionnel.
C’est ainsi que j’ai passé un concours d’entrée au centre d’apprentissage par obéissance à mon père.
J’ai été reçu et j’ai fait apprenti-ajusteur. Puis, je me suis présenté à un deuxième concours et j’ai obtenu mon diplôme d’électricien.
Après toutes ces étapes, j’ai passé l’examen d’électricien d’équipement, que j’ai obtenu avec mention "très bien". Comme il n’existait pas de lycée technique à la Réunion, j’ai postulé au lycée technique d’Arles. J’ai obtenu ainsi le brevet d’enseignement technique (BEI), qui équivaut au baccalauréat technique.
De retour à la Réunion en 1964, j’ai été nommé professeur d’électricité à l’APECA des garçons. J’ai passé le concours national d’entrée au lycée technique en 1970. J’étais le seul Réunionnais à l’époque à être reçu.
J’ai toujours été heureux de voir mon père travailler avec acharnement, travailler avec les dix doigts de ses mains pour y arriver. Ancien ouvrier, conscient que les origines de la fête du Travail et l’histoire du monde ouvrier se confondent, j’ai régulièrement affirmé au niveau syndical ma solidarité avec les travailleurs, contre les inégalités salariales et de traitement.
Le 1er mai est la fête internationale annuelle des travailleurs (que certains appellent encore Fête du travail) et elle célèbre les travailleurs. Elle a été instaurée comme jour férié légal pour la réduction du temps du travail. C’est quelque chose de noble, qui ne mérite pas d’être foulé aux pieds. Nous devons lui donner toute sa valeur et faire honneur aux travailleurs. Car, cette journée légale n’a pas été obtenue sans lutte, sans sueur, par nos aînés, dont beaucoup ont laissé leur vie. Une lutte qui remonte à la Révolution française et qui a porté ses fruits dès les toutes premières années qui l’ont suivie.
La journée de huit heures a été obtenue en avril 1919 et celle du 1er mai suivant chômée. Depuis, du chemin a été encore parcouru, jusqu’à l’obtention de la semaine de 35 heures.
Je ne peux que déplorer l’attitude qui relève d’une manœuvre électoraliste sans honte de ceux qui profitent de l’occasion pour opposer les travailleurs entre eux. Car, j’estime qu’il n’y a pas plus de vrais que de faux travailleurs. En France, c’est l’occasion d’offrir un brin de muguet, fleur symbole du printemps. Aussi, j’offre - d’ores et déjà par la pensée - à tous les travailleurs, sans exception, des brassées de muguet.
Marc Kichenapanaïdou
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