Di sak na pou di

Le bonheur ou le malheur pour tous ?

François Maugis / 5 juin 2018

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Quand on réfléchit un tout petit peu, on se rend bien compte que la tâche d’un dirigeant politique n’est pas de créer des emplois mais devrait être de construire une société équilibrée, cohérente, harmonieuse et le mieux intégrée possible dans son biotope. Après cette étape, on s’apercevra probablement que la quantité d’heures travaillée n’est pas un critère essentiel. Les techniques qui permettent de libérer l’homme du travail, existent depuis longtemps et sont en progrès constant. La vie d’une humanité évoluée, qui maîtrise ces techniques, devrait depuis longtemps, être plus sereine. Il n’en n’est rien. Pourquoi ?

Si nos décideurs, nos dirigeants faisaient bien leur travail, on s’apercevrait très vite que le nombre d’heures de travail global à fournir pour faire vire cette société équilibrée est extrêmement faible. Cette société de loisir nous est annoncée depuis longtemps par de nombreux sociologues mais n’est toujours pas d’actualité. Se seraient-ils trompés ? Non, pas du tout. Ces pauvres naïfs n’avaient prévu ni l’inégalité croissante, ni la propension exacerbée de certains à se réfugier dans l’ignorance ou même le mépris des classes sociales qu’ils écrasent. Ces deux affaires (inégalité et mépris) sont d’ailleurs parfaitement liées.

On ne va pas revenir sur l’inégalité qui existe chez toutes les espèces, ni sur les choix que font certains, de vivre différemment. Non, une société équilibrée n’est pas obligatoirement lisse et linéaire mais elle est harmonieuse. La liberté d’être différent n’est acceptable que dans le respect de l’autre. Insensiblement, depuis plusieurs générations, nous glissons vers une société de plus en plus déséquilibrée dans laquelle ce respect tend à disparaître. Peu importe si la fortune est le fruit du mérite ou du hasard de la naissance. Mais s’imaginer que l’on est en droit de mépriser ceux qui ne la possèdent n’est pas seulement contraire à toute morale, c’est un crime contre l’humanité. On en voit d’ailleurs déjà les effets. Personne ne survivra aux tensions du Monde si nous continuons sur cette voie. Il est coutume de dire ou d’entendre : « On va droit dans le mur ». Mais combien se posent la question du « pourquoi ». Combien sont partie prenante de ce déséquilibre dont par ailleurs ils se plaignent. Alors quelles sont les solutions ?

Il faut une vision globale du monde. Il faut comprendre les mécanismes qui nous tuent. Il faut être curieux, il faut être informé. Or que se passe-t-il ? Nous vivons dans une société mondialisée où, semble-t-il, une énorme énergie est dépensée pour nous rendre aveugle, passif et obéissant. Je crains que le monstre que l’on est en train de construire ait une espérance de vie très limitée si nous ne changeons pas tous rapidement de paradigme.

François-Michel Maugis – La Réunion



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Messages






  • C’est bien écrit. Hélas, les décideurs ont peu de clarté pour réagir. Avec les lenteurs pour changer, même avec de la bonne volonté, ce qui n’est pas vraiment évident à trouver, il faudra du temps, beaucoup même, et entre-temps, le saccage se poursuit. Ici comme ailleurs. C’est vrai que ce serait mieux si par exemples :

    on était autonome en énergies, renouvelables (volcan, soleil, vent, lumière),

    le train, un TER-PEI était présent.

    on importait le minimum d’alimentation, faire venir des poulets congelés, issus d’élevage brésiliens, où les animaux ne voient jamais le soleil, sont réduit à se développer entassés comme des sardines en boîte, nourris d’OGM, beurk !

    des poubelles de tri des déchets (le verre, les plastiques, le papier, les métaux) étaient présentes de partout, dans les arrêts de bus, les futures gares, les magasins.

    on privilégiait les transports en commun (seuls 5% des gens les utilisent ! Soit dix fois moins que la moitié, une honte !

    on interdiait l’installation de cumulus pour chauffer l’eau au lieu d’utiliser le soleil.

    on arrêtait d’employer des gobelets et vaisselle en plastique, comme les cotons tige qui polluent pas mal jusqu’aux filtres des centrales d’épuration.

    on ne jetter plus de mégots partout, à la plage, dans les rues, les bars, un seul est capable de polluer 500 litres d’eau !

    Voilà une liste non exhaustive, on pourrait la rallonger, bonne continuation à vous, en attendant le retour enfin du train ici.

    NB voir sur France inter "CO2 mon amour", les samedis de 16 à 17H, "grand bien vous fasse" les matins de midi à 13H et "la tête au carré" de 16 à 17H ou les matins le lendemain, de 6 à 7. Entres autres. Ou bien en podcast (www.franceinter.fr ).

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