Di sak na pou di

Le chien de compagnie : un remède anti-cancer ?

Frédéric Paulus / 4 février 2017

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Le chien est dit-on l’ami de l’homme. Cette connaissance intuitive et empathique populaire est confirmée de nos jours scientifiquement. Elle serait liée à la présence de « neurones miroirs » au sein de l’espèce canine, comme c’est le cas chez l’humain et le primate. Selon une étude parue récemment dans la revue scientifique Royal Society Open Sciences et rapportée par Sciences et avenir, les chiens aussi seraient capables de ressentir les émotions de leurs congénères. Généralement l’empathie consiste à avoir la faculté intuitive de se mettre à la place d’autrui en percevant ce qu’il ressent. Elle est parfois liée à un processus d’imitation. Un individu reproduit ainsi de manière inconsciente l’expression du visage d’un congénère. Largement constatée chez les humains et les singes, cette capacité à l’empathie est rendue possible grâce à des neurones “miroirs” qui s’activent quand cette reproduction a lieu et ceci existerait aussi chez les chiens.

Le chien aurait-il des vertus comportementales qui se reporteraient émotionnellement auprès de son entourage humain et particulièrement auprès des personnes qui lui témoigneraient reconnaissance et attention, voire affection au point d’être un remède antistress ? La réponse à cette question est avancée par David Servan-Schreiber dans son ouvrage « Guérir le stress, l’anxiété et la dépression sans médicament ni psychanalyse ». Le célèbre et regretté psychiatre préconisait pour des patients âgés et dépressifs, en guise d’ordonnance, « de se procurer un chien ou un chat », ce dernier nécessitant moins de soins. Voir le chapitre « Quand les animaux nous soignent », p. 214 à 220, in Pocket, (2003). Or les rapports entre le stress et le cancer sont de nos jours de plus en plus pris en considération. On se réfère au Professeur en cancérologie Henri Joyeux (du CHU de Montpellier) qui se propose de « Lutter contre le stress, un remède anti-cancer », titre d’un ouvrage paru en 2016, Ed du Rocher.

En quoi le chien peut-il participer à cette « lutte » ? Après avoir évoqué la présence et la sollicitation des neurones miroirs, une autre notion doit être présentée. C’est celle de « l’habitus » et nous verrons ensuite comment le chien intervient. Reprenant les travaux de Pierre Bourdieu à propos de l’habitus approché sous l’angle sociologique, Jean-Pierre Changeux a résolument pris en considération cette notion dans son dernier ouvrage « La beauté dans le cerveau », Ed O. Jacob, (2016), en lui consacrant un chapitre sur les douze. L’habitus peut être succinctement défini sociologiquement comme l’ensemble des habitudes ou des comportements acquis par un individu, un groupe d’individus ou un groupe social. Changeux lui donne des bases neurales en en faisant une sorte de toile phylo-ontogénétique et épigénétique, en d’autres termes une matrice qui relie tout le corps, particulièrement la physiologie, tout en influençant la sphère de l’esprit. Si bien que ce qui est perçu comme « beau » par le cerveau peut être traduit différemment sous l’influence de l’habitus. Sans être trop long, Wilhelm Reich (1897-1957) en avait eu l’intuition en caractérisant l’habitus dans sa dimension psycho-biologique de « carapace musculo-caractérielle ». Cette carapace résulterait du mode de vie et de l’éducation dès la naissance de l’enfant et peut-être dès sa conception, modifiant l’embryogénèse et la neurogénèse en créant un environnement cellulaire marqué par des stases et miasmes organiques délétères favorisant, à terme, un environnement physiologique favorable à « l’épanouissement » du cancer. Cette thèse sera développée dans son ouvrage « Biopathie du cancer », Ed Payot, (1948). Cet auteur contemporain du grand savant Otto Warburg (1883-1970) aura poursuivi les travaux de ce dernier (trois fois nobélisé), tous deux pouvant être considérés comme les grands oubliés de la cancérologie actuelle.

Et le chien ? De par sa vitalité « contagieuse » et sa générosité souvent inconditionnelle à l’égard de son maître, il contribuerait à déprogrammer chez ce dernier son habitus lié à l’encodage épigénétique pathogène de son organisme en réactivant le génome du maître dans ses fonctions auto-poïétiques et régulatrices. Cette hypothèse serait à tester scientifiquement.

Frédéric Paulus, CEVOI