Di sak na pou di

Le confinement serait-il un purgatoire ?

François Maugis / 28 avril 2020

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Amis humains, ne vous appuyez pas trop sur les acquis récents des civilisations. Ils sont brillants et impressionnants. Mais rappelez-vous, tout ce qui brille n’est pas or et sachez que les impressionnants dinosaures n’ont pas fait long feu, un arbre qui pousse trop vite est fragile. De façon surprenante, la pandémie actuelle, semble vouloir nous le signaler. Alors, que penser de tout cela ? Et, si nous parvenons à penser, à analyser, que faire ? Où, quand et comment transférer notre énergie vitale ? Dans quelle direction et pour quel résultat ?

Façonnés par quelques milliers d’années d’illusions, déformés par des croyances imbéciles, nous avons, de manière excessive, rejeté notre animalité. Nous avons brodé sur les réalités du vivant, un feston délétère de constructions inutiles et ces constructions sont aujourd’hui censées remplacer notre propre essence, notre propre architecture. L’homme des bois autonome et vivant est remplacé par une gigantesque termitière, détruisant son propre biotope. Nos gratte-ciels semblent défier les dieux que nous avons nous-même créés. La volonté et l’esprit critique des humains, est noyé dans un salmigondis politique et socio-économique sans âme. Le veau d’or est revenu sur une terre mondialisée qui croit en un avenir de croissance mais qui oublie les ruines et les miasmes du présent qui s’accumulent. Alors, quoi faire de tout cela ?

Arrêtons de courir. Une pause s’impose. Elle a déjà commencé avec le confinement, bel entraînement. Mais avant d’aller plus loin, balayons devant notre porte. Dans notre course folle vers le paradis, nous avons sauté une marche. Mieux observer et mieux connaître le monde vivant dont nous faisons partie et dont nous sommes issus, est l’étape indispensable pour aller plus loin. Connaître c’est aimer. Aimer le monde vivant c’est aimer la vie. Ainsi, de retour sur le bon chemin, nous gardons toutes nos chances d’atteindre un jour, le paradis.

François-Michel Maugis