Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
4 juin 2005

(page 10)
Appel pour constituer un Comité réunionnais de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples (EIT)
Dès janvier 2005, nous nous sommes constitués en Comité réunionnais pour la victoire du “non” en déclarant : "Ce projet de Constitution n’existe que pour disloquer et détruire tous les droits, toutes les garanties des travailleurs et des peuples. Au nom de la concurrence libre et non faussée, élevée au rang de principe constitutionnel, les services publics, la Sécurité sociale et les retraites, le Code du travail, les conventions collectives et les statuts devraient être sacrifiés. En confiant les pleins pouvoirs à l’Union européenne, ce traité remet en cause la souveraineté et les droits des peuples : la démocratie est bafouée".
Le peuple de France a dit “non” à 55%. Les Réunionnais ont dit “non” à 60% !
Il y a quelques jours, une forte abstention marquait la défiance des Anglais vis-à-vis de Tony Blair, partisan de cette Constitution, tandis que les Allemands désavouaient Schroeder. Aujourd’hui, à plus de 60%, le peuple des Pays-Bas a dit “non” !. En disant “non”, nous avons voulu défendre la démocratie, nos droits, nos garanties, nos conquêtes démocratiques. Nous avons dit “non” à cette machine de destruction que représente l’Union européenne et ses directives. Voilà plus de 10 ans que l’application des directives européennes déréglemente, privatise, “contre-réforme” les systèmes de protection sociale, de retraite, sacrifie les droits au nom des intérêts du marché, de la spéculation, pour faire baisser le coût du travail, c’est-à-dire pour faire baisser les salaires.
Voilà plus de 20 ans que la rigueur imposée a appauvri lentement mais sûrement les travailleurs et leur famille. Les Réunionnais en ont fait l’amère expérience. Les conditions de vie se dégradent, les systèmes de protection sont remis en cause (CMU), les acquis détruits, le chômage ne cesse de croître et la précarité se généralise.
Avec le passage à l’Euro, les Réunionnais ont vu leur pouvoir d’achat s’effondrer !!
Ce vote “non” traduit la volonté d’en finir avec Maastricht, Amsterdam et Nice, et autres dispositions européennes qui ont contribué à appauvrir les peuples, à remettre en cause les acquis arrachés par la lutte des classes depuis plus d’un siècle.
Ce vote “non” a voulu mettre un terme à cette politique en refusant une constitution qui devait permettre d’aller plus loin encore dans la liquidation de nos droits et acquis.
À La Réunion, les directives européennes veulent continuer leur opération de destruction : par exemple, remise en cause du statut des dockers, volonté d’appliquer le RIF (Registre international français) dans la marine marchande, remise en cause des subventions pour la canne à sucre. Nous avons appris la veille du référendum que les subventions pour l’exportation du riz cargo à destination de la Réunion étaient en danger, en application d’une directive européenne. À terme, le riz pourrait augmenter de 25% !
Avec l’Euro qui a déjà plongé les familles dans des difficultés graves, l’Europe à la botte de l’OMC veut-elle affamer le peuple réunionnais ?
On nous parle de changement de ministre voire d’alternance. Pour continuer cette politique qui consiste à appliquer servilement les directives européennes coûte que coûte, au mépris de la volonté du peuple exprimée ce 29 mai ?
En écoutant les réactions des partisans du “oui”, menteurs et méprisants hier, qui aujourd’hui avec cynisme disent "le peuple a dit “non” mais... on doit continuer de toute façon !", on peut alors poser cette question : “Le peuple ne serait-il plus souverain ?”
Nos revendications du 28 mai sont toujours d’actualité le 30 mai. Alors oui, cette victoire est porteuse d’espoir, mais nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes pour aller de l’avant et les arrêter dans leur politique dévastatrice, dans l’intérêt du peuple et des générations futures.
Pour la reconquête de nos droits, pour la défense de la souveraineté des peuples, pour l’union libre des peuples libres, constituons un Comité réunionnais de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples.
GTR
Cher Premier ministre :
On ne peut plus résoudre les problèmes nationaux (chômage, insécurité, pollution, surpopulation, etc.) sans une ligne de conduite commune à l’ensemble des nations.
Aujourd’hui plus que jamais, si l’on souhaite engager son pays sur le chemin de réformes constructives, efficaces et pérennes, il est indispensable que soit, au préalable, dégagés une politique et des objectifs communs pour l’ensemble de la planète, pour l’ensemble de l’espèce humaine. C’est une conséquence de la mondialisation, et vous le savez bien.
Il est donc indispensable que notre planète soit gouvernée, et gouvernée par autre chose que ce "machin" mou qu’est l’ONU et qui est incapable de s’acquitter correctement de la seule mission qui lui est confiée : "empêcher les guerres".
À l’intérieur d’une famille, d’une ville ou d’un pays, le laisser-faire conduit à l’anarchie (au mauvais sens du terme). Il en est de même pour notre malheureuse planète qui ne se relèvera pas si la pagaille actuelle se poursuit.
S’il veut vraiment réussir, notre nouveau Premier ministre devra reprendre son bâton de pèlerin international et continuer ce qu’il a commencé pour l’Irak : instaurer un dialogue des nations qui ne soit plus un dialogue de sourds.
François Maugis,
Saint-Benoît
Loi du 23 février 2005 et réhabilitation du colonialisme :
des rebondissements se préparent
L’application de la loi du 23 février 2005 est en cours (décret sur les retraites des anciens condamnés de l’OAS et Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie).
Sur l’Éducation nationale, le silence du ministre ne cesse pas d’inquiéter car des mesures ont été annoncées par le gouvernement lors des débats (programmes d’Histoire et “sensibilisation” des enseignants).
Surtout, les commémorations en l’honneur de l’OAS se multiplient (noms de rues, stèles, monuments, dont celui de Marignane prochainement inauguré le jour anniversaire de l’exécution de Roger Degueldre, fondateur des commandos Delta, qui sont responsables de l’assassinat de Mouloud Feraoun, Salah Ould Aoudia, Max Marchand et de leurs compagnons à Alger le 15 mars 1962).
Plusieurs députés et sénateurs sont intervenus et vont intervenir sur ces problèmes sous la forme de questions au gouvernement et de proposition de loi.
Le succès de la pétition traduit un profond sentiment d’inquiétude et de colère contre cette loi, à un moment de crise grave entre la classe politique et le pays réel.
Le Collectif des historiens contre la loi du 23 février 2005 pense qu’il est capital d’informer l’opinion sur ce négationnisme colonial qui s’affirme et s’affiche de plus en plus ouvertement.
Claude Liauzu
Poursuivre le combat pour définir un nouveau type de relations avec l’Europe
Le “Collectif pour un “non” martiniquais au projet de Constitution européenne” salue la grande victoire remportée par le peuple français qui a massivement rejeté le Traité constitutionnel européen. La démocratie a gagné et le libéralisme a perdu une bataille majeure.
Ce “non” est celui des travailleurs, des paysans, des chômeurs, des exclus, des jeunes et de tous les citoyens qui se sont emparés du débat malgré une propagande intense utilisant de manière partisane les moyens d’État et les médias, la pression, la peur, l’intimidation, les menaces, etc... C’est bien un modèle de société fondé sur l’argent et méprisant les êtres humains qui a été catégoriquement condamné.
C’est un événement politique de grande portée qui peut faciliter la lutte du peuple martiniquais pour la responsabilité et pour l’émancipation.
Certes en Martinique le “oui” l’emporte, mais le “non” résiste. L’abstention recule tout en restant élevée.
Le “oui” a été arraché à certains de nos compatriotes par un chantage ignoble exercé par la ministre, Brigitte Girardin, et le président de la République, Jacques Chirac, les menaçant en cas de vote “non” de la perte de "l’argent de l’Europe", car la France, a-t-il été affirmé mensongèrement, serait "exclue" de l’Europe.
Que la droite martiniquaise (UMP, FMP, Osons Oser, Traces, etc...) et les lobbies patronaux de toutes obédiences (Chambre de commerce, Chambre d’agriculture, Union des groupements de producteurs de bananes, Coderum, etc.) se soient mobilisés pour imposer le libéralisme le plus effréné, érigé en Constitution et gravant dans le marbre, en conséquence, la casse des services publics, la précarité, le chômage, la destruction systématique des acquis sociaux et la souffrance des femmes et des hommes, n’est pas pour surprendre.
Mais qu’une grande partie de ceux qui se situent à gauche (PPM, Bâtir, Fédération socialiste martiniquaise, etc...), sous prétexte d’une prétendue prise en compte de nos spécificités qui s’avère mystificatrice et de la proclamation sans engagements précis de certains droits fondamentaux, se soit ralliée sans gloire au libéralisme capitaliste, a contribué à troubler l’opinion martiniquaise de gauche.
Quant aux forces anticolonialistes martiniquaises qui ont appelé à la non-participation, elles ont surtout manqué une occasion unique de rejeter avec force et clarté une Constitution renforçant le caractère de colonie européenne de la Martinique et lui imposant des contraintes libérales contraires aux acquis sociaux des travailleurs et aux impératifs de notre développement véritable. De la sorte, elles n’ont pas apporté aux forces progressistes de France la solidarité indispensable à la hauteur de l’enjeu anticapitaliste et antilibéral international de ce scrutin.
Dans ce contexte, le “non” des 21.620 Martiniquaises et Martiniquais qui ont rejeté cette Constitution dangereuse pour les travailleurs et le Pays est un “non” de résistance et de dignité. Qu’ils en soient remerciés.
Le rejet de la Constitution par le peuple français et par d’autres peuples européens doit conduire à terme à une renégociation d’un autre Traité constitutionnel européen.
Nous appelons le peuple martiniquais - et plus particulièrement les forces de progrès - à se rassembler pour s’y préparer et discuter du type de relations que nous devons entretenir avec l’Union européenne du fait de notre situation particulière.
Les Martiniquais doivent refuser un statut octroyé sans discussion avec aucun de nos représentants, comme cela a été le cas avec le statut de région dite ultra-périphérique de l’article III-424 du projet de Constitution européenne rejeté le 29 mai 2005 en France.
Nous devons revendiquer la prise en compte réelle de nos spécificités par des mesures précises consignées par exemple dans un Statut ou un Protocole particulier.
Le Collectif pour un “non” martiniquais appelle à poursuivre la mobilisation pour organiser une Convention ou des Assises martiniquaises afin de définir le contenu de nouvelles relations avec l’Europe.
Le Collectif pour un “non” martiniquais,
Fort-de-France
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