Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
13 janvier 2005

(Page 10)
À propos d’ "immigration clandestine des Comoriens" à Mayotte
Je voudrais réagir à l’article de M. Michel Szkaradek dans “Le Journal de l’Ile” de La Réunion du 15 octobre 2004 sur ce qu’il appelle "l’immigration clandestine des Comoriens" à Mayotte. À noter que “le JIR” a refusé de publier ma réaction.
Je pense, et je ne suis pas le seul, que son analyse est trop simpliste et caricatural. En effet, sans nier le fait que les hommes et femmes qui, au risque de leur vie affrontent les dangers de la mer pour aller chercher une "vie meilleure" dans "l’eldorado" mahorais, il y a une réalité que la plus part des journalistes ou des “wazoungou” (pluriel de “M’zungu”, le blanc) qui débarquent à Mayotte ou qui essaient de traiter sur la question, n’ont pas la hauteur d’esprit de cerner : L’Anjouanais, le Mohélien ou le Grand-Comorien qui va à Mayotte, va d’abord chez lui car, quel que soit le statut de l’île depuis 1975, dans l’esprit de tous, Mayotte fait partie de l’environnement naturel et immédiat de ces gens, à savoir l’archipel des Comores. Il suffit par exemple d’assister à une petite cérémonie de mariage dans un lointain village de la Grande Comore (à 40 minutes d’avion de Mayotte) pour comprendre cet état d’esprit, en écoutant les discours de bienvenue dans lesquels les orateurs s’adressent aux “honorables invités venu des 4 îles” (littéralement en comorien “watoukoufou wa he masiwa yo mané”), même si l’assistance n’est composée exclusivement que de gens du village.
Pour essayer d’en convaincre les plus anti-comoriens, je leur propose ces quelques lignes tirées d’une autre presse et rapportant des propos d’artistes mahorais :
"... Mais Lathéral est fort connu dans les quatre coins de l’île comme “l’artiste de la musique traditionnelle”. Ses chansons résonnent dans les radios des maisons à longueur de journée et on ne connaît ni “boom” ni “voulé” (barbecue) sans Lathéral. Son but aujourd’hui est de faire connaître la tradition mahoraise méconnue ailleurs, mais aussi faire connaître nos problèmes d’ici. Les Mahorais deviennent racistes envers leurs frères comoriens. Il n’y a aucun Mahorais qui n’a pas de famille à Anjouan ou à la Grande Comore ! On se fait la guerre entre nous et ce n’est pas une bonne solution pour régler les problèmes. Si les Anjouanais avaient des conditions sanitaires adéquates et un système d’encadrement efficace, jamais ils ne feraient la traversée jusqu’ici ! Ils ne viennent que pour ça : pour se soigner et pour apprendre".
"... Auteur compositeur interprète, Mawana Slim a baigné dans la musique dès son plus jeune âge en s’empreignant des rythmes et des sonorités de l’océan Indien. Dans son style, le reggae, le ragga, l’afro beat se marient aux rythmes traditionnels des Comores pour animer un message engagé, celui du panafricanisme.
"En tant qu’artiste, mon objectif est aussi de revendiquer l’union des Comores. Je ne peux pas être panafricaniste et concevoir la séparation des îles de l’archipel ! En 1995, quand j’ai quitté Mayotte pour m’installer en Métropole, ça n’existait pas encore que nos propres frères et cousins soient conçus comme des clandos. Je pense que la devise coloniale “diviser pour mieux régner” se perpétue et c’est malheureux d’en arriver là".
Il y a des facteurs géographiques, religieux et socio-culturels qu’on ne peut pas faire disparaître d’un simple coup de plume ou à force d’arrêtés préfectoraux. Dans nos îles, c’est tout à fait un réflexe naturel chez le Comorien (Mahorais compris) d’aller d’une île à une autre pour une raison ou pour une autre.
Arrivez donc à convaincre un Anjouanais, qu’un Dupont ou un Bernard venu d’Alsace ou des Pyrénées a plus de droits que lui à Mayotte et tout sera réglé.
Ceux qu’on appelle des “Comoriens” à Mayotte sont comme un poisson dans l’eau car ils se sentent chez eux : Ils parlent la même langue, pratiquent la même religion et constituent un maillon de la chaîne formant la communauté culturelle des les 4 îles des Comores.
Il y a quelques semaines, sur la route du retour d’une mission en Afrique occidentale, j’ai transité par Paris, que j’ai du quitter au bout de 10 jours (une semaine avant l’expiration de mon visa) pour la seule raison que je voulais faire un crochet par Mayotte (j’avais déjà mon visa). Sans prévenir donc qui que ce soit parmi mes amis et mes proches mahorais, je débarque à Mayotte, où je ne me suis senti aucunement comme un étranger (contrairement à Paris). J’ai surpris un à un mes amis et mes proches en leur rendant une petite visite impromptue et Dieu sait combien ils étaient contents. C’est peut-être peu médiatique et moins sensationnel comme illustration, mais c’est la réalité.
En conclusion, je pense que c’est pour une question d’intérêts que certains, parmi les “wazoungou” de plus en plus nombreux dans l’île, s’estiment menacés (rien que cette année, plus de 500 instituteurs sont venus de France alors qu’on pourrait former les jeunes Mahorais pour occuper ces postes). Face à ce qui est communément désigné comme étant le “fléau de l’immigration clandestine comorienne” (...), une exaspération de la population locale (les autres Comoriens étant devenus les boucs émissaires de tous les maux), aidée par les déclarations incendiaires de certains élus qui y ont trouvé un fonds de commerce électoral inépuisable, pourrait conduire à terme à une situation d’instabilité dont les premières victimes pourraient être ces fonctionnaires chèrement payés qui se font des fortunes les pieds dans le lagon et sous l’ombre des cocotiers.
ZBen Abdallah Ali Abdallah,
Moroni (Comores)
Un communiqué diffamatoire
Suite à la publication dans une partie de la presse, ce mardi, d’informations concernant la délibération du 16 novembre du Conseil régional d’Ile de France de l’Ordre des médecins (qui examine les “affaires” d’Outre-mer) dans le cadre de la procédure ordinale qui m’oppose à Paul Franco Técher, maire de Cilaos, je tenais à apporter les précisions suivantes.
En premier lieu, je m’étonne de cette publication anticipée, qui m’a informé des décisions du Conseil avant que je n’en aie moi-même reçu la communication. Celle-ci m’est parvenue par courrier recommandé posté le samedi précédent, seulement dans la journée du 12 janvier. Ce courrier était adressé par le Conseil de l’ordre à six destinataires institutionnels du département, et devait rester confidentiel et ne pas donner lieu à une publication dans le presse.
Je présume que Franco Técher, représenté par des avocats du cabinet Calstelnau de Paris, lors de la séance du 11 novembre, avait connu par ceux-ci et d’une manière anticipée les conclusions du délibéré. La mairie de Cilaos a faxé lundi 10 à la presse réunionnaise un communiqué partiel et partial résumant le jugement du Conseil de l’ordre, procédé qui me semble parfaitement scandaleux. J’estime ce communiqué diffamatoire et tonitruant préjudiciable à mon exercice, à mon image de praticien et à ma citoyenneté.
En second lieu, je tiens à corriger les informations mises en scène dans ce communiqué sur deux points. L’objet du litige porte et porte seulement sur un certificat de demande de congé de longue maladie concernant une employée de la mairie de Cilaos. Si cette dernière a effectué cette demande, c’est bien qu’elle se trouvait alors dans un état de souffrance psychologique, nécessitant des soins de la part d’un spécialiste. Elle a choisi ainsi de me consulter. Quand la souffrance psychique s’avère liée à une situation professionnelle difficile, l’arrêt de travail s’avère un remède complémentaire. Si cet état se prolonge, la demande de congé de longue maladie succède aux arrêts de travail simples afin de préserver les droits des patients. J’ai pu ainsi suivre cette patiente pendant plusieurs années et j’ai effectué de telles demandes. Les certificats ont été vérifiés et leurs conclusions entérinées par des experts indépendants, nommés - comme il est d’usage - par le Comité médical départemental.
Les termes du communiqué diffusé par l’employeur, la mairie de Cilaos, sont d’abord diffamatoires à l’encontre de cette patiente, tendant à la présenter comme une employée indélicate cumulant les jours de congé de maladie.
De plus, ce document mentionne le terme de "certificat de complaisance", terme lui aussi diffamatoire cette fois-ci à mon égard et qui a été éliminé par les conclusions du délibéré du Conseil national de l’ordre que je cite "Les certificats ont été vérifiés par des experts qui n’ont sur le plan de la clinique, rien trouvé à y redire, et que donc, ils n’étaient pas de complaisance".
Il va sans dire que je ne saurais voir ainsi souillé publiquement dans la presse par un communiqué diffamatoire le lien sacré qui fonde l’exercice médical, soit la relation de confiance entre le patient et son médecin, et l’engagement qui a été le mien pour soigner cette patiente et bien d’autres. C’est tout l’honneur de la médecine et de la relation thérapeutique qui est en jeu.
Je ferai donc appel à la décision du Conseil régional d’Ile de France, dont les conclusions me semblent par ailleurs confuses et partiales sur de nombreux points et me réserve le droit d’entamer d’autres procédures contre Franco Técher, familier, on le sait des cours...
Dr Jean-François Reverzy
Joyeux Pongal et bonne année !
Les fêtes ne sont pas finies ! Après les fêtes de fin d’année, voici le Pongal, la fête tamoule de la Moisson ! C’est un jour de remerciement à notre mère, la Terre, et à notre père, le Soleil, sans lesquels la vie sur cette planète ne serait pas ce qu’elle est.
Souvent lorsqu’on parle de cette façon, certains nous accusent de paganisme ! Est-ce du paganisme que de reconnaître la présence du Naturel appelé en religion “divin”, là où il se trouve ? C’est-à-dire partout ! Ceux qui sont allergiques au mot “divin” peuvent le remplacer par d’autres termes, cela ne change rien. Les “païens” respectent plus la nature que beaucoup d’autres car ils ne se coupent pas de leur environnement. Ils savent que s’il n’y avait pas le soleil, la lune, la terre, la mer, à savoir tous les éléments naturels qui composent notre environnement, nous ne pourrions pas vivre.
Une autre façon de se dédouaner du paganisme est de transférer l’origine ou le fonctionnement de ces forces naturelles à un personnage d’essence divine ou à une divinité. Le résultat est le même ! Ce qui compte dans la démarche, c’est l’attitude de respect que nous devons avoir. Une fois que l’on a remercié la terre et le soleil d’avoir été généreux envers nous, d’avoir fonctionné de façon équilibrée pour que les récoltes soient abondantes, cela permet à l’individu d’éviter un excès de matérialisme égocentrique.
La nature a ses lois que nul n’est censé ignorer. Les tragiques événements récents en Asie du Sud, en Europe du Nord et en Amérique de l’Ouest sont là pour nous le rappeler. La nature peut reprendre ce qui lui appartient quand elle le “veut” ! Les sages ne sont pas des enquiquineurs mais des garde-fous pour les humains ; ils nous rappellent que nous ne sommes pas vraiment les maîtres de la nature. Même si celle-ci est docile, comme une vache indienne, elle n’appartient pas qu’à l’espèce humaine !
La nature n’a que faire de nos fêtes, prières et cérémonies ! C’est nous qui en profitons par un acte de prise de conscience, ne serait-ce une fois l’an !
L’homme est, sans aucun doute, une des créatures les plus intelligentes de la planète. Il a pris des millénaires pour se constituer un environnement confortable, mais à quel prix ?
Les pays dits riches en confort devenant de plus en plus vieux, les pays dits pauvres ayant la richesse de la jeunesse, à qui appartient l’avenir ? Dans les deux cas, il y a pollution de la planète. Les riches ne savent plus où mettre leurs déchets et les pauvres les entassent partout. Que faire ?
Seule la nature - le cosmos - a peut-être la réponse ! Heureusement que la loi du karma fonctionne ! Cette loi est, bien souvent, mal comprise. Elle laisse la place à une réaction intelligente. À un tsunami destructeur, un tsunami humanitaire se met en place ; au plastique pollueur, de nouveaux emballages plus biodégradables voient le jour ; à la surpopulation, le contrôle des naissances se fait plus ou moins naturellement, etc. À la destruction d’une espèce sur une planète, peut-être que celle-ci se régénère ailleurs dans l’univers ! Qui sait ?
Quoi qu’il en soit, les religieux ne sont pas là seulement pour commémorer les morts mais, surtout, pour dire aux vivants, d’être attentifs dans leurs actions et attentionnés dans leurs relations réciproques mais aussi avec leur environnement naturel qui ne se limite pas aux quatre coins de la terre.
Que Pongal soit pour nous tous un jour de méditation et que 2005 soit une année où les souhaits des antiques sages de l’Inde se réalisent : "Qu’il y ait de la prospérité pour tous ! Qu’il y ait la paix pour tous ! Qu’il y ait la plénitude pour tous ! Qu’il y ait du bon pour tous ! Que tout le monde soit heureux ! Que tous les gens soient en bonne santé ! Que tous voient le bien ! Que personne n’ait de mauvais jour !"
Swami Advayananda,
Ashram du Port
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Mézami dopi in boute tan mi parl la mizèr dann nout péi é pou kossa mi kroi pa kan v’ariv l’ané 2030 nou sar fini konbate so gran fléo i pèz dsi n (…)
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