Le courrier des lecteurs du 24 juin 2004

24 juin 2004


Rassemblement pour l’égalité des droits et contre l’homophobie

Dans le cadre de son action de lutte contre l’homophobie, et dans la perspective internationale des “Marches des Fiertés” (anciennes “Gay Pride”), l’association Gay Union, association de lutte contre l’homophobie et de promotion des cultures homosexuelles de La Réunion, organise un rassemblement sur le mot d’ordre : “Pour l’égalité des droits et contre l’homophobie”.
À cette occasion aura lieu la remise, pour la première fois à La Réunion, de trophées de la personne la plus gay-friendly de l’île (“trophée du bon moun 2004”) et de la personne la moins gay-friendly (“trophée du ti moucate 2004”).
Ce rassemblement sera gratuit et ouvert à toutes et à tous. Les participants sont invités à se rendre le dimanche 27 juin à partir de 17 heures autour de l’orphéon du Barachois, à Saint-Denis.
Au programme : animations musicales, karaoké géant, démonstration de l’école de cirque et méga mix avec DJ’s...
Des associations de lutte contre le SIDA et Amnesty International seront associées. Et signe de la prise de conscience récente à La Réunion, plusieurs élues et élus politiques seront présents. En outre, Mmes Catherine Gaud et Jocelyne Lauret y représenteront officiellement la Région et l’Alliance.
Des boissons, des grillades et de la petite restauration seront proposées sur place.
Alors venez nombreux décider avec nous qui seront les “bon moun” et “ti moucate 2004” !
Pour tout renseignement, contacter Patrice, au 06 92 60 77 85 ou par mèl :
[email protected]

Gay Union
Lutte contre l’homophobie sur l’île de La Réunion
Promotion des cultures homosexuelles
site : www.gay-union.com


Hommage à Jean-Luc Fatol

Je vous contacte pour vous annoncer une mauvaise nouvelle, puisque M. Jean-Luc Fatol vient de mourir (c’était samedi matin, ses obsèques ont été célébrées hier à Meulan, dans la région parisienne - NDLR).
Est-ce que nous pouvons faire un lien entre son interpellation musclée et sa mort ? Je ne sais pas, je ne suis pas médecin.
Mais une chose est sûre : c’était un grand sportif, endurant et costaud, très apprécié par ses amis, pour sa joie de vivre et son humanité. Pendant sa maladie, il était encore plein de fougue et de bonne humeur. Nous avons perdu aujourd’hui un ami cher aux yeux de tous ses amis et de sa famille. Nous pleurons sa disparition qui aura été marqué par cet événement tragique.

Mohamed El Manani,
France

Hommage à Jean-Luc Fatol samedi prochain

L’Association Réunionnaise de Défense des Victimes de discrimination raciale (A.R.D.V.) - Président : Marc Kichenapanaïdou (Tél : 02.62.24.87.12 - GSM : 06.92.60.24.60) - invite les personnes que les affaires Jean-Luc Fatol et Patrick Marouvin interpellent à participer le
samedi 26 juin 2004 à 10 heures
au cimetière de l’Est à Saint-Denis,
à la Croix Jubilée

à un dépôt de gerbe à la mémoire de Jean-Luc Fatol.


Nette diminution des réclamations à l’hôpital de Saint-Pierre

En 2003, la Commission de conciliation du GHSR a traité 37 demandes - pour plus de 50.000 hospitalisés -, soit un chiffre en nette diminution par rapport à 2002, année de promulgation de la loi sur le droit des malades (87 demandes en 2002).
Chaque demande a fait l’objet d’une ouverture de dossier et d’une gestion informatisée. Des enquêtes internes ont été menées par les membres permanents de la commission dans la transparence avec les équipes, et en mettant en place des préconisations, les suites de ces démarches étant restituées aux plaignants.
Les réclamations émanant de la médecine de ville sont en très nette diminution. Sur les 37 demandes, un seul dossier a abouti à un contentieux. Par ailleurs, la commission a également répondu à 55 demandes de copie de dossiers médicaux demandés par les intéressés.

Objectif qualité

La commission de conciliation assure une permanence hebdomadaire. Elle est saisie soit par la famille du patient, soit par le patient lui même, soit par le médecin de famille. Le dossier de réclamation est ensuite suivi par le membre de la commission qui a reçu la personne lors de la permanence, et des rencontres ont lieu plusieurs fois si nécessaire. La commission compte
7 membres permanents : 2 médecins conciliateurs - dont un extérieur au GHSR -, un médecin représentant la Commission médicale d’établissement, 2 cadres de santé et 2 représentants des usagers.
Tous les membres permanents de la commission de conciliation sont formés pour une meilleure écoute et mobilisation des ressources internes de l’hôpital. Une organisation plus efficace a été mise en place pour le traitement des demandes au plan administratif. D’autre part, la commission de conciliation du GHSR va travailler plus étroitement avec la Direction “Qualité et gestion des risques” pour une analyse fine des demandes reçues, et l’intégration de préconisations dans un plan d’amélioration de la qualité, pour la prise en charge et l’information du patient.

Complémentarité

La “Commission conciliation” installée dès 1999 au Groupe Hospitalier Sud Réunion - dont le nom réglementaire mais complexe est “commission de relations avec les usagers et de la qualité de la prise en charge” - est complémentaire de la Commission régionale de conciliation et d’indemnisation des victimes, mise en place dans les locaux de la DRASS le 8 juin 2004. Les compétences de cette commission régionale sont définies par la loi, tant sur le plan de la médiation que sur le plan de l’indemnisation. Le rôle de la commission de conciliation du GHSR consiste, quant à lui, dans le recueil des réclamations, l’écoute, l’interface entre le patient et les services de l’hôpital et l’information concernant les voies de recours. Son intervention permet le plus souvent de restaurer la confiance entre les patients et l’hôpital.
Il y a 23 commissions régionales installées en France, 22 en France métropolitaine et en Corse, la 23ème étant celle installée récemment à La Réunion.

Vanda Mentel,
responsable administrative de la Commission de conciliation du GHSR


Des principes républicains bafoués

La France s’enorgueillit d’une organisation politique basée sur des principes républicains ancrés de longue date dans son Histoire. Tous les citoyens sont réputés égaux, nulle discrimination ne doit résulter de la couleur de peau, de la religion, de l’origine sociale ou géographique. Ainsi, l’entrée dans nombre d’écoles ou dans la fonction publique se fait sur des critères d’égalité entre postulants.
Force est de constater que ces règles fondatrices sont parfois allégrement bafouées sans qu’il se trouve beaucoup de voix pour dénoncer des pratiques qui y contreviennent radicalement. Prenons un exemple qui touche directement des jeunes réunionnais.
Le lycée Leconte de Lisle a ouvert depuis plusieurs années des classes préparatoires en lettres. Ces classes d’hypokhâgne et de khâgne préparent au concours de Normale Sup’, concours extrêmement sélectif. L’an passé, les résultats furent brillants et montrèrent que cette préparation n’avait rien à envier à celles des établissements les plus huppés des grandes villes françaises. Chacun s’en félicitera et l’on applaudit à juste raison. Ces classes proposent également une option de préparation aux concours des I.E.P., plus connus sous l’appellation de Sciences Po...
Jusqu’en 2003, les étudiants pouvaient passer à La Réunion le concours pour l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix. Cela limitait singulièrement leur choix car il y a d’autres I.E.P. mais cette possibilité n’était pas négligeable. Le principe républicain d’égal accès à des établissements publics financés par l’Etat et donc nos impôts était déjà quelque peu malmené.
Or, cette année, les élèves qui se sont inscrits dans l’option de préparation aux concours des I.E.P. ont appris, il y a seulement quelques semaines, que dorénavant il leur faudrait se déplacer en métropole pour passer le concours ! Le moment de consternation passé, il s’est agi de trouver des solutions. Appels téléphoniques et courriers à tous les organismes passé,il s’est agi de trouver des billets d’avion : A.N.T., CROUS, ministère de l’Outre-Mer, Rectorat, Préfecture, Région... En vain.
Les uns vous renvoient à un autre qui n’est pas là ou qui reviendra dans une semaine, peut-être deux. Un véritable maquis où s’égareraient les mieux informés. Les services de l’Etat ne daignent même pas vous répondre. Ceux de la région portent une oreille attentive à votre demande et s’inquiètent courtoisement de votre problème sans pouvoir pour autant apporter une solution satisfaisante.
Constat : les concours d’entrée aux I.E.P. - établissements publics, rappelons-le - sont de facto réservés aux rares jeunes étudiants réunionnais nantis d’un solide compte en banque leur permettant de voyager lorsque les billets d’avion atteignent des tarifs scandaleusement prohibitifs. Nombre de Domiens en sont écartés alors que dans le même temps on leur en aura laissé miroiter trompeusement la possibilité.
Fracture géographique intolérable, égalitarisme républicain renié. Cette situation n’est pas acceptable. Notre rôle de citoyen est de réagir et de faire des propositions. La plus sensée serait que les concours d’entrée aux I.E.P., puissent se passer à La Réunion. Cela se fait bien pour les entrées aux écoles de commerce et d’ingénieurs et pour Normale Sup. Ou alors, que des billets d’avion soient fournis aux candidats pour qu’enfin l’égalité républicaine s’inscrive dans les faits.
La Réunion aura besoin de cadres pour assurer son développement. Ne pas permettre à nos jeunes de se former à Sciences Po ou ailleurs, c’est hélas, hypothéquer l’avenir de notre île. Ne pas y appliquer les règles républicaines, c’est contrevenir gravement aux choix constants de nos concitoyens d’être des Français à part entière et non pas entièrement à part.

Paul Riou,
Saint-Leu


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