Le CPE : c’est la fin du contrat de travail

21 février 2006

Mais d’où vient le CPE ? Tout le monde s’indigne devant la décision de Villepin d’accélérer la mise en place du “Contrat nouvelle embauche”. Tout le monde proteste, à juste titre. Mais peut-on éviter de poser la question : d’où vient cette politique qui vise à transformer immédiatement les jeunes en une catégorie surexploitée, sans aucun droit ? Faudrait-il cacher que c’est Bruxelles qui dicte cette politique ?

Impossible d’entendre sans colère le gouvernement présenter le “Contrat première embauche” comme un “contrat anti-précarité”. Impossible de l’entendre sans colère condamner les jeunes de moins de 26 ans à subir un “contrat” qui permettra à n’importe quelle entreprise de se débarrasser d’eux, sans aucune justification, ni indemnité, pendant 2 ans ! Tout le monde sait qu’il s’agit de l’extension du “Contrat nouvelle embauche”, qui instaurait déjà ce système dans les entreprises de moins de 20 salariés... Ce n’est plus le Contrat à durée indéterminée... ce n’est même pas un Contrat à durée déterminée ou un contrat précaire ! La précarité, tous les jeunes savent ce que c’est.
Qui peut accepter cela ? Qui peut accepter ainsi le démantèlement de tout le Code du travail ? Car, chacun le comprend, en s’en prenant à la jeunesse, le gouvernement s’en prend à toute la classe ouvrière. Mais il faut dire la vérité : c’est l’Union européenne qui a demandé de "favoriser la flexibilité" (ligne n° 20 de la présentation des "lignes directrices pour l’emploi" pour la période 2005-2008).
C’est la Commission européenne qui exige d’"adapter la législation relative à l’emploi, réexaminer si nécessaire le niveau de flexibilité offert par les contrats permanents et non permanents" (Conseil des ministres européens du 12 juillet 2005). Le “contrat première embauche” de Villepin n’est-il pas la stricte application de l’exigence formulée par l’Union européenne d’augmenter le "niveau de flexibilité" ?
Et la Commission européenne ne s’arrête pas là. Elle va jusqu’au bout en exigeant de "soutenir les jeunes à mesure qu’ils poursuivent des carrières “non linéaires” en alternant travail, études, chômage, formation ou actualisation de leurs compétences (...), augmenter la disponibilité des formes plus flexibles d’emploi" (Commission européenne, “Emploi en Europe”, novembre 2005). Tout doit y passer. Peut-on poser sérieusement la question du combat contre le “Contrat première embauche” sans le lier étroitement à l’exigence de rupture avec l’application par le gouvernement français de toutes ces lignes directrices, de toutes ces décisions de la Commission européenne ?

Est-il possible de prétendre combattre pour donner réellement un coup d’arrêt à l’extension du travail précaire sans exiger cette rupture ? Est-il possible de se défendre, de défendre la jeunesse, toute la classe ouvrière, sans exiger le respect de ce que le peuple français a exprimé le 29 mai ? Est-il possible de tourner le dos à ce qu’il a clairement signifié ? Rupture avec l’Union européenne et ses traités ! Retrait de l’Union européenne !
Peut-on sérieusement combattre le “Contrat première embauche” sans exiger la rupture avec l’Union européenne et ses directives ? Poser la question c’est y répondre. Alors, mobilisons nous tous ensemble le 7 mars. Participez activement aux manifestations prévues, salariés du public et du privé, jeunes, chômeurs, précaires, retraités et parents, l’avenir de nos enfants et du Code travail sont en danger !

Jean-Luc


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Témoignages - 82e année


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