Di sak na pou di

Le développement psychobiologique de l’enfant à revoir radicalement

Frédéric Paulus / 25 juin 2018

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L’approche “stadiste”, à la fois du psychologue Jean Piaget et de Sigmund Freud, sont à reconsidérer radicalement au risque de nous faire des ennemis. Assumons !
Je n’évoquerai pour l’instant que les stades selon le psychologue suisse Jean Piaget qui se fiait à son regard pour explorer les prouesses comportementales dites « sensori-motrices » du bébé durant ses six premiers mois. Et ce, sans s’imaginer que le bébé, in utéro, était déjà un bébé nageur qui, agressé, tenterait de se protéger… à défaut de pouvoir fuir ! Voir notre précédent courrier à propos des stress auditifs. Mais lorsqu’il est dans notre monde aérobic, soumis à la pression de l’attraction universelle chère à Newton, il est plaqué au sol, limité dans sa motricité. Et croire qu’il ne pourrait raisonner qu’en fonction de sa sensori-motricité progressivement exprimée durant ses six premiers mois fut une réduction intellectuelle qui inhiba nos contemporains durant des décennies.

Un pédiatre hospitalier, Albert Grenier (1983), a tenté de semer le doute auprès de ceux qui épousèrent les thèses du psychologue suisse. Grenier mit en évidence une partie des capacités perceptives cachées du nouveau-né, voici 35 ans, en décrivant le comportement du bébé à « la motricité libérée » au cours des premiers jours après la naissance, c’est-à-dire la motricité libérée des réflexes dépendants du tronc cérébral ; en établissant une communication intense avec l’enfant en lui tenant la nuque. J’étais présent au Palais des Congrès de Cannes lors du deuxième congrès mondial de psychiatrie du nourrisson en 1983 lorsqu’il présenta ses premières constatations en séances plénière, film à l’appui. On voit le pédiatre tenir la nuque d’un bébé de 4 ou 5 jours lors de sa première visite médicale, quand ce dernier s’empare du stéthoscope du docteur. L’auditoire fut interloqué, aucune contestation ne fusa !

Avant d’aller plus loin, il est indispensable de rappeler qu’à la surface de la terre un objet ou un être, (là le bébé) sont soumis à la pesanteur, l’action par laquelle tout objet « à proximité » de la terre est attiré vers elle. Se faisant, le poids d’un objet sur terre correspond à la force d’attraction gravitationnelle exercée par la terre sur cet objet. Quelle sera la découverte de Grenier ? En tenant la nuque du bébé, il réduit l’attractivité de la terre. Le bébé s’empare alors du stéréoscope, sa « motricité libérée » en partie. Le bébé saisit cet appareil du docteur qui aura retenu toute son attention. Cette découverte enthousiasma le docteur Grenier, si bien qu’il continue, toujours de nos jours, à tenter de convaincre l’intelligentsia académique très attachée à l’orthodoxie des thèses de Piaget qui, n’aura pas tenu compte de l’attraction gravitationnelle (et à ma connaissance Grenier non plus !). Pendant un temps j’ai pensé que le psychologue Roger Lécuyer - auteur d’un livre dont le titre faisait quelque peu rupture avec les titres trop souvent ésotériques des chercheurs psychologues - serait critique à l’égard du maitre Piaget et chercherait à s’en émanciper en partie. Il n’en est rien fondamentalement,… pour l’instant ! Je suis en relation avec lui et ne désespère pas l’influencer dans une autre direction.

Il nous faudrait tenter de créer une brèche perceptive pour en informer le ministre de l’Education Nationale et l’inviter à envisager toutes les conséquences de ce qui pourrait être qualifié de « fourvoiement collectif » des chercheurs piagétiens combien influents dans le système scolaire. Par effet de domino cela devrait renouveler notre rapport aux enfants et à leur intelligence perceptive innée et cachée. Dans un second temps, il s’agirait d’en faire profiter les parents.

A vous de juger cher lecteur.

Refs : (*), Bébés astronomes, bébés psychologues, Mardaga, (1989), (**), La motricité libérée du nouveau-né, Médecine et Hygiène, (2000).

Frédéric Paulus, Directeur du CEVOI, (Centre d’Etude du Vivant de l’Océan Indien)