L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
20 mars 2008

Au-delà de l’euphorie de la victoire pour les uns, de l’amertume de la défaite pour d’autres, les défis qui demeurent devant nous à La Réunion obligent d’abord à un devoir de lucidité, et de responsabilité.
La situation financière de la France est telle qu’il y a tout lieu de croire qu’un prochain collectif budgétaire mettra en œuvre, en dépit de la sémantique gouvernementale, un effort de rigueur.
La situation de l’économie pourrait au surplus tourner très vite au noir, pendant plusieurs années, si la crise boursière redoutée se confirme, ce que beaucoup d’indices laissent prévoir.
Enfin, la nouvelle configuration de l’Union Européenne, avec l’entrée des anciens pays de l’Est, nous conduit, au-delà de la contractualisation actuelle, à une réduction des financements européens.
Dans ce contexte, la prospective est toujours nécessaire, on peut, on doit même, faire des plans à 30 ans. Mais on ne peut pas faire de plans sur la comète.
On peut aussi, campagne oblige, faire des promesses. Mais il faudra les payer.
Tout nous laisse penser qu’entre les élaborations à long terme qui semblent, ces derniers temps, fleurir sur des bases plus que fragiles et les promesses immédiates inconsidérées qui, elles aussi, n’ont pas manqué de prospérer, des échéances qui seront rudes nous attendent dans un avenir relativement proche.
En premier lieu, la question sociale et du travail ne tardera pas à revenir au-devant de la scène et de manière sans doute beaucoup plus éruptive que ces dernières années, si aucune mesure spécifique n’est rapidement prise.
En second lieu, dans une île qui s’achemine vers le million d’habitants, les questions non arbitrées en matière d’énergie, d’aménagement du territoire et de gestion des déchets, de transport et de logement, constituent autant de sources de nouvelles tensions et de crise.
En troisième lieu, au vu des insuffisances de l’effort de l’Etat en la matière, le lourd déficit que nous n’avons pas cessé de connaître en matière de formation et d’éducation continuera de creuser la fracture des inégalités dans la société réunionnaise, nous promettant là encore des tensions inéluctables.
En d’autres mots, c’est sur le terrain de la paix sociale dans nos quartiers que l’irresponsabilité politique pourrait avoir à payer le prix de ses erreurs, au détriment de la société tout entière.
D’autant que les larges déperditions constatées en matière de respect de l’éthique républicaine et des valeurs de responsabilité laissent craindre que la parole politique n’ait encore perdu de son crédit et que, devant les difficultés, elle ne peine, demain, à apaiser les tensions en traçant la route d’un espoir.
Si l’on veut préserver les chances d’un développement durable à La Réunion et d’un savoir-vivre ensemble forgé au cours de notre histoire, il paraît donc urgent d’en revenir aux fondamentaux.
Non pas la théorie, mais la pratique. Non pas le rêve, mais la réalité. Non pas l’incantation pour demain, mais la justice aujourd’hui. Non pas l’esprit partisan ou clanique, mais l’intérêt général. Non pas la copie, mais l’innovation adaptée. Non pas la multiplication de projets coûteux et non finançables, mais de vraies priorités, tenant compte d’une vision de l’avenir mais aussi de la règle selon laquelle l’argent public est rare, qu’un euro est un euro, et qu’on ne peut légitimement le dépenser que si l’efficacité par rapport aux besoins est exactement mesurée et maîtrisée.
Il paraît que les cassandres ont vocation à ne jamais être entendues en temps utile. Mais il est toujours temps et utile que les citoyens s’emploient à exercer leur vigilance et contraignent leurs représentants à aller au-delà d’une vision trop souvent réduite à leur carrière personnelle. Aujourd’hui, une telle vigilance active paraît indispensable pour conjurer les risques encourus par notre Ile.
Dominique Rivière
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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