Di sak na pou di

Le G7, expression d’un monde dépassé

Ary Yée Chong Tchi Kan / 27 août 2019

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Nous apprenons qu’au départ il y avait le G6, crée en 1975, à l’initiative française ; il comprenait la France, les Etats Unis, le Royaume Uni, l’Allemagne, le Japon et l’Italie. Le groupe s’est élargi au Canada en 1976 et à la Russie en 1998. A l’origine, les 6 pays les plus riches voulaient faire face au premier “choc pétrolier”. Les chocs ont continué, si bien qu’un baril qui coûtait encore 4 dollars en 1973 a dépassé 100 dollars entre 2008-2010. Depuis, il est redescendu de moitié et il fait du yoyo.
Par la suite, ils ont exclu la Russie, accusée d’avoir annexé la Crimée. Maintenant que leur mainmise sur l’Ukraine comme base avancée contre la Russie a échoué, ils souhaitent le retour de Poutine quasiment sans condition. Mais le monde n’est plus le même qu’en 1975.

La Chine toute seule a plus d’habitants que les 7 réunis et se situe économiquement au niveau des Etats Unis, rendant caduque la terminologie “les 7 pays les plus riches” ou “les plus avancés”. Crée pour “impulser et orienter l’économie mondiale”, le G7 est atteint d’une crise sémantique depuis que l’Inde a rejoint l’Organisation de Coopération Shanghaï, une initiative de la Chine et de la Russie. Et, ne parlons pas du G20 !

Le grand changement historique apparu cette année, c’est la décision de l’Union Africaine de transformer le continent en une zone de libre échange. Ce sera à terme un marché de près de 2 milliards d’individus, la plus vaste du monde. La ratification a eu lieu le mois dernier par 54 pays sur 55 et l’application est prévue en Juillet 2020 ! C’est juste de l’autre coté de la mer Méditerranée et ils n’en ont rien dit.

Le prochain G7, dans un an, à Miami, ne sera plus alors que l’expression d’un monde artificiel et dépassé, sous la direction d’un Donald Trump, incapable de consensus.

Ary Yée Chong Tchi Kan