« Le génie collectif réunionnais »

2 avril 2009

Comme tout Réunionnais un peu à l’écoute des nouvelles productions de ses compatriotes, je n’ai pas raté la sortie du livre “Réconciliation et Fraternité” de Ary Yee Chong Tchi Kan. A la vue de la couverture, j’avoue avoir eu un moment de réflexion avant de le prendre. « C’est quoi cette photo de Paul Vergès et de Jean-Louis Debré s’embrassant !!!?? ». Mais bon, le prix plutôt attractif (10 euros) et le caractère « politique » (dixit un journal local) m’intéressaient, alors me le voilà en main. A la fin de ma lecture, mon chauvinisme n’en était que redoré ! Je ne m’attendais pas du tout à cela !

Le livre traite bien sûr des situations politiques qu’a connues notre île durant ces cinquante dernières années. De l’antagonisme, parfois meurtrière, droite-gauche, de l’affrontement Debré-Vergès, de la répression du maloya, du langage,... Il redore aussi le blason du PCR en lui ré-attribuant son rôle actif pour la défense de la culture réunionnaise et du Réunionnais. Bref.

Mais le plus important, ce qui m’a touché, que je retiens, et que j’ai envie de partager avec vous, tant cela m’a marqué, c’est la reconnaissance, et cela pour la première fois dans un livre, du « génie collectif réunionnais ». Fallait-il attendre si longtemps pour qu’enfin, quelqu’un ose l’écrire noir sur blanc et le démontrer ? « Notre peuple a su construire lors de ses multiples peuplements, une culture de paix et de tolérances, d’intégration et d’acceptation. Acceptation des ethnies, acceptation des cultures d’origines diverses, quoiqu’on en dise, nous avons construit ici un univers assez unique que même certaines lois de “laïcité” ou autre n’ont pu détruire ! Il nous explique comment le terme “fraternité” n’a pas de sens tant qu’il n’y a pas respect et traitement égalitaire. Il revient sur le mot “métropolitain”, reste d’une époque coloniale... Je ne vais pas tout dévoiler, mais pour une fois qu’un Réunionnais ose montrer par A+B tout le chemin que nous avons parcouru, et parfois seul (j’ai le souvenir du passage où Debré, ministre d’État, coupe les vivres à la commune du Port, commune qui s’en sort malgré tout et construit même des classes !), je ne bouderai pas mon plaisir de vous le redire.

Ti Papang.


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Témoignages - 82e année


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