Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
11 septembre 2007

Les premiers bourbonnais plantèrent du blé (dans la plaine de Saint-Paul autour de l’étang) pour leur consommation personnelle et le ravitaillement des bateaux qui allaient et revenaient des Indes.
Puis ce fut le maïs qui devint la principale céréale de consommation. Avant le riz c’était le maïs énergétique que les créoles consommaient notamment dans les hauts. Le sosso maïs (même au petit-déjeuner) faisait office de plat “national”...
Lors de l’expansion coloniale française à la fin du XIXe siècle, deux pays riches étaient des grands producteurs de riz : l’Indochine (surtout le Vietnam et le Cambodge) et Madagascar. Il fallait exporter le riz, c’est ainsi que, par exemple, les Sénégalais qui utilisaient le mil et le sorgho importèrent le riz et plantèrent des arachides ; le tiepboudien, le célèbre riz au poisson (le meilleur serait de Saint-Louis... du Sénégal) prit place sur les nattes pour les repas traditionnels.
Il s’en fut de même à La Réunion. Le riz était le repas des riches, il se consommait au début le dimanche pour finalement s’installer chaque jour de la semaine accompagné de pois de cap et du rougail tomate qui firent des infidélités au bon vieux maïs.
Aujourd’hui le créole mange du pain et boit du vin, il oublie parfois son riz et a complètement oublié le sosso d’antan. Quelques irréductibles créoles dans les hauts du côté de Bellevue essayent de faire perdurer leur céréale, ne devons-nous pas essayer de les encourager pour déjeuner d’une façon plus variée ?
À la sortie du métro, à la porte de Clignancourt, dans le nord de Paris (ancien quartier des ouvriers) un Sri Lankais très aimable fait griller du maïs à la joie des enfants. Voilà une petite activité qui pourrait être rémunératrice qui enchanterait nos marmailles et leurs parents, surtout dans les hauts quand le grand frais apparaît ; cette activité pourrait se faire sur les marchés ou à des endroits stratégiques à grand passage... cela aurait une double vertu : apporter des compléments d’emplois et soutenir la filière maïs qui fait partie de l’identité locale.
Christian Vittori
Courrier des lecteurs
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