Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
23 juin 2011

Depuis quelques années, notre langue kréol fait l’objet de débats intenses.
Récemment, le président de la Région, malgré lui, a remis ce débat à l’ordre du jour dans les médias.
Cette personnalité politique réunionnaise a déclaré en direct sur une radio nationale que « la défense de la langue créole n’a aucun sens, cela se vit au quotidien ». Une députée l’a d’ailleurs définie comme une langue « k k ».
D’autre part, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer qu’elle soit reconnue, valorisée, respectée, et même enseignée à l’école.
Notre langue kréol, contrairement à certaines idées reçues, répandues, n’est pas une déformation du français, mais une variante régionale.
Une des richesses que possèdent tous les Réunionnais n’est pas monétaire, elle est linguistique.
Notre langue kréol trouve son sens dans la parole, dans l’écrit, dans la littérature, dans les repas, dans les rites et les croyances. C’est un puissant catalyseur de l’identité réunionnaise.
La langue kréol maintient nos solidarités familiales et de quartier.
La langue kréol a bercé notre enfance, c’est notre langue maternelle.
Jadis considérée comme la langue des pauvres, des asservis, elle était bannie de la haute société bourgeoise créole.
Aujourd’hui, elle a conquis ses lettres de noblesse. Elle est enseignée à l’Université de La Réunion et est proposée comme option dans les établissements scolaires. D’ailleurs, plusieurs enseignants dont je fais partie s’expriment en kréol dans leur cours. Le passage de la langue kréol à la langue française se fait naturellement. L’élève est plus attentif, plus à l’aise, car en situation de bonne compréhension.
L’utilisation de notre langue en classe donne du sens à notre enseignement.
Et l’enseigner à l’école, elle sera la passeuse de mémoires. Cet apprentissage du kréol n’enfermera pas l’élève dans une créolophonie qui bornerait son horizon aux frontières de l’île.
Apprendre sa langue, sa culture, les civilisations de son île lui permettront de mieux s’ouvrir pour mieux affronter le monde. Imaginez un instant que sur le sol de France continentale, la langue maternelle soit le français et la langue officielle l’allemand.
Cessons de dénigrer, d’ignorer la langue kréol qui n’est pas un élément folklorique, mais la véritable encyclopédie réunionnaise qui nous renseigne sur notre patrimoine, notre histoire, notre culture.
La pratique comme l’acceptation de notre langue ancestrale, maternelle, libèrent l’esprit, responsabilisent l’être humain.
La langue kréol s’épanouit aussi dans la chanson, dans l’humour. D’ailleurs, nos humoristes bien connus comme Didier Mangaye, Thierry Jardinot et Marie-Alice Sinaman expriment le rire en kréol en retraçant dans leurs textes les scènes de notre vie quotidienne kréol.
A une époque pas si lointaine, sur une chaine de TV, seul le français avait droit de cité. Il n’était pas bien vu qu’un journaliste s’exprime en kréol ; c’était une injure faite à la France.
Aujourd’hui, on passe d’une langue à l’autre sans problème. Le JT kréol lancé depuis quelques années connait son succès.
La langue kréol exprime l’âme réunionnaise. C’est le fil qui tisse le lien entre le passé et le présent.
Le kréol a été le moyen de communication entre les populations venues de France, de Madagascar d’Afrique et des Indes.
Ce mélange de français et de langues de l’océan Indien a donné le kréol. Ce sont des immigrants de plusieurs civilisations millénaires qui durent vivre ensemble sur ce petit caillou. L’histoire de ce métissage nous est racontée par cette langue kréol.
Cette langue que parlent 800.000 Réunionnais est parfois encore qualifiée de « vulgaire patois » ou de « sympathique patois ».
La Réunion doit se positionner dans un modèle de solidarité indéfectible pour pouvoir s’ouvrir au monde et être capable d’accueillir le flot de touristes promis par le Schéma régional de développement touristique.
Mais ce qui prévaut aujourd’hui, c’est plutôt le chacun-pour-soi, le diviser pour mieux régner.
A l’heure de l’uniformisation présentée comme la seule matrice culturelle, cultivons et préservons notre différence.
Aline Murin-Hoarau, conseillère régionale
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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Messages
23 juin 2011, 08:46, par OZE
bé la , la di toute, kom mi di, tir kréol dan mon gèl lé kom tir zéping si palmis.... na ankor tro kréol néna kompleks si nout lang, arète azot marmay !!! kosa sa band papa momon i totoche zot zanfan si i koz kréol ??? koz en fransé i fé dé ou in moune plis intélizan ??? non , i fé zis de ou in couyon, lo zié telman boushé ke li wa pa son richès, zordi néna i fé lintérésan, i bate la moush kan danyel waro i shante, mé la plipart i koné pa kosa li po di parské nout kréol po perde.... zisko zenviron débu 1990 navé pa trop "bezwin" appran ali lékol, mé zordi, i fo mète ali, parské partou mi passe band zèn i koz fransé ante zot, sinon in "kréol koshon" ... ou "fransé koshon" antouka i koz ni inn ni lote kom i fo... KOZ ZOT KRÉOL, VA FÉ AZOT IN RÉFÉRANS PO KOZ FRANSÉ OU LÉZOT LANG...