Le Maloya : la musique de nos ancêtres

24 mars 2009

Le maloya, c’est la musique des camps, de nos calbanons.
Cette musique afro-malgache est liée à l’esclavage. Pour ces hommes et femmes esclaves déracinés, désidentifiés, désociabilisés, le maloya est le rite qui les accompagne et leur permet de garder un lien étroit avec leur terre perdue en restant en communication avec leur "razana", ancêtre.
Pendant très longtemps, pratiqué en secret, ce culte des ancêtres aujourd’hui se démocratise, se libère de ces chaînes.
Dans beaucoup de foyers, aujourd’hui le tambour rouler continue à honorer nos ancêtres.
Qui ne connaît pas ce refrain « à nou la tendi le roi dans lé boi, la reine la rivé » ?
Ces paroles nous rappellent l’époque des royaumes malgaches et de la sacralisation des forêts, ces lieux sacrés qui constituent le domaine des esprits et des énergies. Ces lieux sacrés respirent la plénitude, la liberté.
Nos esclaves marrons qui occupaient les forêts des cirques se désignaient eux mêmes des rois et des reines. Le maloya les entraînait sur le chemin des bois sacrés malgaches. Le maloya pendant cette période esclavagiste est le seul mode de relation à l’ancêtre et à sa famille.
Ces rites animistes ont permis à nos marrons de survivre dans nos montagnes. Plusieurs rapports sur le marronage relatés par les chasseurs de marrons évoquent la présence des rois et des reines qui sont en réalité des chefs marrons ayant réorganisé un petit "lapa" espace de leur univers d’origine c’est à dire l’univers des royaumes, des pouvoirs "rova" malgaches.
Le maloya à l’époque était bien la continuité du culte des ancêtres.
Aujourd’hui le pont culturel et cultuel entre l’Afrique et Madagascar se trouve dans de nombreux sevis kabaré mais aussi dans beaucoup d’actes de la vie quotidienne des Réunionnais.
Continuons à perpétuer ces rites, cet héritage ancestral.

Aline Murin Hoarau, adjointe au maire de Ste Suzanne


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