Le monde sur un volcan

27 novembre 2006

Jusqu’ici, c’étaient principalement les scientifiques qui nous alertaient sur les conséquences catastrophiques du réchauffement de la terre. Maintenant, ce sont les économistes qui font entendre leur voix, venant confirmer, d’après leurs calculs, les prévisions les plus pessimistes. Ce qui devrait normalement faire réfléchir le gouvernement des États-Unis d’Amérique, plus sensible à ce genre d’arguments. Mais la première puissance du monde, le pays le plus pollueur, est toujours restée inflexible à toutes mesures radicales contre la pollution jusqu’à refuser d’entériner les recommandations les plus élémentaires du Sommet de Kyoto.
Car si rien n’est fait ces dix prochaines années, la facture à payer sera infiniment plus lourde : 5500 milliards d’euros, selon les estimations de Sir Nicholas Stern, ancien chef économiste de la Banque mondiale, qui prévient que le nombre de réfugiés, victimes de la sècheresse ou des inondations pourrait atteindre les deux cent millions de personnes. Quant aux répercussions sur l’économie, elles seraient telles qu’elles provoqueraient inévitablement une récession, non plus seulement à l’échelle d’un pays ou d’un groupe de pays mais à l’échelle du monde.
Déjà, même si on prenait tout de suite la décision de mettre un terme aux émissions de gaz dans l’atmosphère, le réchauffement climatique ne serait pas pour autant arrêté, il se poursuivrait au moins pendant une trentaine d’années.
Devant le désastre annoncé, qui n’est pas scandalisé par le degré d’inconscience et d’irresponsabilité de tous ces chefs d’État qui, pour des raisons inavouables, n’hésitent à mettre en danger l’humanité tout entière, laquelle apparemment ne sait pas ou feint de ne pas savoir qu’elle vit actuellement au-dessus d’un volcan !

Georges Benne


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