Di sak na pou di

Le paradoxe du cynisme mercantile

François Maugis / 4 février 2019

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Il y a quelques temps, une grande banque internationale a fait cette déclaration surprenante : « Dans le but de redynamiser notre secteur économique, nous préconisons le doublement des migrants en Europe ». Vous l’avez peut-être compris, il n’y a là aucun sentiment humanitaire mais simplement le constat froid, calculateur et, disons-le, un tout petit peu cynique, le souci d’accroître la puissance économique du territoire grâce aux bas salaires.

On commence à comprendre la valse-hésitation des gouvernements en matière d’émigration car, après tout, il serait très facile de fermer totalement nos frontières à l’immigration illégale si on le voulait vraiment.

Ce qui est fantastique dans cette histoire c’est que la cohérence et la logique naturelle qui préside aux grands équilibres de la vie mais qui est combattue par l’homme depuis bien longtemps, est en train de gagner. Alors, la nature plus forte que l’homme ? En effet, selon la loi : « La nature a horreur du vide », les pays surpeuplés se déversent dans ceux à la densité de population plus faible. Autrement dit, l’action humaine qui tend vers le déséquilibre économique et social, est contrecarré par cette loi immuable et universelle des grands équilibres naturels.

Amis humanistes, ne vous réjouissez pas trop, il n’est pour l’instant pas encore question de répartir équitablement travail et richesse sur cette terre, mais c’est un revirement intéressant (ou un revers) de la politique déséquilibrante du « Toujours plus ». Nous avons tous besoin les uns des autres. C’est finalement cela l’important. Dans une seconde étape, nous comprendrons peut-être que tous les humains sont respectables, que diversité ne veut pas dire inégalité et que la fraternité n’est pas un vain mot.

François-Michel Maugis – La Réunion
Économiste, écrivain et philosophe