Face à la menace d’une crise globale à La Réunion, le silence inquiétant des élus réunionnais
28 juillet, parImpact de conflits lointains dans un pays insulaire dépendant de lointaines importations
9 mars 2012

Au lieu de participer au Festival des Iles Vanille, on aurait aimé que Didier Robert organise un vrai carnaval à La Réunion.
Dans le sens historique du terme ! C’est-à-dire un moment de divertissement pendant lequel le roi devient manant. Et réciproquement.
Imaginons un peu ce roi réunionnais masqué derrière son tee-shirt relevé, faisant ce qu’il interdit de faire : une redéfinition des circuits de distribution, par exemple !
Imaginons ce roi réunionnais oubliant les conventions, déguisé en Robin des Bois, et piquant dans la poche des riches pour redonner aux pauvres.
Imaginons ce roi réunionnais mettant de côté les règles sociales et décidant de ne pas obéir à son empereur, mais à son peuple.
Mais non, il est allé aux Seychelles. Pas seul, certes. Il s’était entouré de 70 saltimbanques, plus ou moins réquisitionnés pour l’occasion.
Certes, il y a eu carnaval, mais pas seulement aux Seychelles ! Carnaval et grand guignol à La Réunion aussi !
Comment justifier un investissement de 137.888 euros quand les jeunes montrent leur ras-le-bol, leur exaspération ? Des jeunes qui n’ont pas brûlé « Vaval », mais des boutiques et des poubelles !
Peut-être voulait-il un défilé ? Comme si celui des camions et des tractopelles lui avait donné des idées !
« La Réunion, co-organisatrice du carnaval des Îles Vanille, a défilé en tête du cortège, aux sons des percussions, des cuivres et des tambours », nous dit la Région. A propos, si c’est le “Festival des Iles Vanille”, peut-être que l’an prochain, ça va être chez nous ? Sinon, à quoi ça sert d’aller défiler à Mahé ou à Victoria ?
Et si La Réunion devait accueillir l’an prochain la manifestation, on est sûr que la Région va aussi s’entourer non seulement « de professionnels des carnavals de Rio, de Nothing Hill, de Dusseldorf », mais de bien d’autres illustres pointures de l’animation à grande échelle !
Alors, tout ça pour quoi ? Pour un petit bout de papier, une simple lettre de reconnaissance « pour l’action engagée en faveur du développement du tourisme », remis par le big boss du tourisme international en personne. Et pourquoi uniquement aux Seychelles et à La Réunion ?
Bon, c’étaient les co-organisateurs, et après ? Maurice, Madagascar, les Comores, Mayotte n’ont-elles pas été partie prenante du « travail accompli depuis 2010, année de lancement des premières actions » du concept “Iles Vanille” ?
Ce carnaval aura surtout montré ce qui ne va pas : les “Iles Vanille” sont à la dérive. Le coup de pouce médiatique avec l’Observatoire international du tourisme et l’indécence de l’enveloppe accordée par la Région à cette opération n’y changeront rien.
Sandrine Manon
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