Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
2 mai 2012

C’est d’abord un synonyme, non pas de solitude, encore que, mais d’isolement. L’isolement n’est jamais volontaire dans ce cas-là, mais imposé par la hiérarchie soit de manière physique (géographique), soit mental. Le placard est une des formes du harcèlement moral, et elle est très destructrice. Ça n’arrive pas qu’aux autres. En clair, cela signifie que l’on* vous fait "videz" les lieux que vous occupiez. On* vous enlève de votre bureau et on* vous déplace à un autre endroit loin des autres, de vos collègues et de votre hiérarchie. Mais pour autant, on ne vous oublie pas. On* ne vous donne rien à faire ou des choses sans importance, sans intérêt, dévalorisantes par rapport à votre grade et parce qu’elles sont données à titre exclusif : du classement, de l’archivage, des photocopies, du déliassage... et sans aucun rapport avec votre grade ou votre expérience. C’est l’humiliation qui commence et elle est perverse et publique. On* peut aussi vous donner du travail à faire, mais en ne vous communiquant aucun moyen d’information ou de formation pour le faire. Pour autant, le harceleur pourra vous reprocher soit vos erreurs, soit votre inaction. Vous êtes isolée, donc vous n’avez plus aucun contact avec vos collègues qui ne savent plus ce que vous faites exactement. Le placard est vécu comme un drame personnel. Le placardisé, c’est quelqu’un qui "dérange" involontairement le harceleur parce qu’il brille — alors que le harceleur est terne ou croit l’être — par sa personnalité, par son aura, par ses compétences, ses diplômes, son intelligence de cœur... Le harceleur espère ainsi, à défaut de le détruire réellement ou de le faire disparaître, le briser publiquement et définitivement. Le placardisé n’est pas responsable de sa « placardisation », mais il se fatigue psychiquement. Cet épuisement causé par « le harceleur » provoque du BURN-OUT. Si vous êtes dans ce cas, lisez “Placardisés, des exclus dans l’entreprise” de Dominique Lhuillier.
*On : « le harceleur nuit gravement à la santé au travail ».
Etienne Victor
Courrier des lecteurs
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