Di sak na pou di

Le plan petit dejeuner au Port : un mauvais plan

Firose Gador / 27 juin 2019

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Le petit déjeuner gratuit servi aux enfants dans les écoles maternelles et primaires a été pendant plusieurs décennies une préoccupation de la municipalité du Port, tant il est vrai que l’enfant ne peut pas apprendre ni assimiler s’il a le ventre vide. Au Port où un nombre important de familles vit en-dessous du seuil de pauvreté, cela est à prendre particulièrement en compte de façon à contribuer à la réussite scolaire de nos enfants.
Cette prestation a été supprimée dans notre commune à l’arrivée d’Olivier Hoarau. Sous la pression du mouvement des Gilets Jaunes, la Ministre des Outre-mer a annoncé un certain nombre de mesures parmi lesquelles le petit déjeuner gratuit pour les enfants des écoles. L’Etat s’est donc engagé à financer les communes pour mettre en œuvre cette mesure et par là même à contribuer à réduire les inégalités criantes.

Ainsi, lors d’une conférence de presse tenue le 21 mai dernier, la municipalité se vantait du lancement du « Plan petit déjeuner au Port ». A notre grand étonnement, le maire s’est montré fier de lancer l’opération en allant même jusqu’à se féliciter d’être la première commune de l’île à proposer cette mesure. Le maire du Port a même indiqué : « notre objectif est aussi de travailler également sur la qualité nutritive des repas, comme nous le faisons depuis plusieurs années » (source art. Site ville du Port.re). Ce sont là des propos en décalage complet avec la réalité.
Et pour preuve supplémentaire, la formule retenue par l’équipe municipale est plus que contestable tant sur le plan de la qualité que de l’organisation. Beaucoup de familles se sont plaintes que des aliments étaient périmés. La distribution le mardi après-midi d’un sac contenant l’équivalent de 3 petits déjeuners, pour les 3 jours suivants, est contraire à l’objectif visé d’un petit déjeuner chaque matin, puisque souvent tout le sac ou presque est consommé dès le mardi soir. On peut dire que l’accompagnement des familles et des enfants sur les notions d’éducation à la nutrition est relégué au second plan.

A travers cette action, on constate que le maire n’a pas été capable de gérer ce dispositif en permettant à tous les enfants de prendre un petit-déjeuner chaque matin au sein de l’école, dans la sérénité et de manière équitable. Il n’a pas été capable d’organiser un service de qualité visant à répondre à une plus grande équité et égalité entre tous les enfants. Surtout quand on connaît l’importance du petit-déjeuner, pour qu’un enfant démarre bien sa journée et développe toutes ses capacités dans les apprentissages.
La municipalité a répondu à une commande de l’Etat, mais elle a surtout failli à ses obligations d’aider ceux qui en ont le plus besoin. Pour les enfants et leurs familles, c’est un MAUVAIS PLAN !

Firose Gador
Secrétaire de la section PCR du Port