Di sak na pou di

Le projet implicite d’Emmanuel Macron

Témoignages.re / 29 avril 2017

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« Deviens ce que tu es » disait Friedrich Nietzsche en appelant à l’auto-dépassement, conduisant au “surhomme” en s’individualisant. A contrario pouvons-nous attribuer à Emanuel Macron la devise : « Devenons ce que Nous sommes ? », en nous référant, non à la réussite individuelle comme le préconisait ce philosophe mais au contraire à la réussite collective des équipes, des entreprises, des laboratoires de recherches. On sait que cette réussite est rarement individuelle. Le candidat à la Présidence de la République aurait-il pu atteindre le second tour sans « En Marche » et tous ses militants qui travaillent bénévolement ? Notre ambition dans ce courrier vise à présenter quelques points de repères, des « outils pour penser » le projet implicite du candidat Emmanuel Macron et transposer des éléments d’information sur « sa » réussite possible.

Tout d’abord la phase d’imitation : Dès qu’un bébé ouvre les yeux il est confronté à des comportements (explicites) et attitudes (implicites) qui modèleront ses pensées, sa mémoire, sa personnalité par imitation pour le meilleur et ou pour le pire. Pour devenir lui-même tel qu’il aura été déterminé génétiquement selon une alchimie liant le patrimoine génétique de ses parents, l’enfant, celui qui ne parle pas encore, devra s’opposer et dire « non ! », en d’autre terme se différencier : deuxième « outil ». Ensuite, il devra discerner le bon grain de l’ivraie, ou discerner s’il n’existe pas une paille dans l’œil de son voisin alors qu’une poutre dans son œil l’empêcherait de progresser. Cette capacité de discernement, innée initialement, l’école ou la religion lorsque les parents sont animés de foi et ou de croyances qui excluent les autres croyances n’est pas suffisamment pensée dans nos sociétés modernes, si bien que des dispositions laïques ont été prises par la Loi.

Devenu adulte, l’être humain devrait pouvoir « trouver sa place » alors qu’il aura pu profiter d’une formation qui correspond à ses désirs et ses talents. Marx avait raison d’affirmer « qu’un Raphaël ou un Léonard de Vinci sommeillent en chacun de nous ». Mais comment faire éclore et révéler ces talents ? La réduction à 12 enfants dans les classes ne devrait-elle pas s’étendre à toutes les classes du primaire des ZEP ? Pourquoi n’y a-t-on pas pensé plus tôt ? Pourquoi a-t-on accordé aussi peu d’intérêt au soutien des parents dans leurs fonctions parentales ? Depuis longtemps nous savons que l’école reproduit les inégalités.

Libéré des nombreux clivages générateurs de préjugés qui consistent trop souvent à projeter des qualités ou des défauts à des domaines ou sur des symboles, par exemple les patrons face aux ouvriers, les « bons » d’un côté et les « méchants » de l’autre, sensés être toujours impliqués dans une lutte des classes, l’individuation alors, rendue possible par la « conjonction des opposés » (la levée de ces clivages et projections), (dernier outil), devrait enfin pouvoir se ressentir en libérant la personnalité de nombre de freins et d’empreintes. Dans ce cas vous pouvez avoir l’impression que le chemin sur lequel vous êtes « en marche » et qui se crée en marchant est bien celui qui vous convient. Ce sentiment subjectif, le psychanalyste Suisse Carl. G. Jung lui a donné le nom : « le processus d’individuation ». C’est le sentiment de pouvoir incarner son originalité au monde en étant entouré de personnes qui vous dynamisent dans un rapport de réciprocité avec votre entourage de par votre singularité exprimée.

Le budget de la formation professionnelle et continue du candidat Macron sera l’un des plus gros poste de dépenses de son programme. Il tentera de redonner l’espoir de trouver sa place dans ce monde qui devra repenser la fraternité afin de permettre au plus grand nombre de s’individuer.

Frédéric Paulus