Di sak na pou di

Le rêve comme « résolution de problèmes »

Frédéric Paulus / 8 janvier 2018

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L’expression est suggérée par l’épistémologue Karl Popper qui déduit que la vie est « résolution de problèmes ». Le biologiste, quant à lui, cherche à expliquer les « réponses » que les êtres vivants ont élaborées à chaque moment de leur évolution. Le rêve serait une de ces réponses.

Le psychanalyste se présente à même d’identifier le « problème » et traditionnellement il est amené à interpréter le rêve avec tous les risques que cela comporte.

Le rêve pourrait être envisagé en fonction d’une logique évolutionniste. Dans cette perspective et selon une logique temporelle, le processus imageant aurait précédé l’apparition du langage sous-tendu par une intelligence télévisuelle cérébrale insoupçonnée. Afin de nous disposer imaginairement à entrevoir la signification du rêve, nous pourrions avoir recours analogiquement à l’image de l’ADN qui constitue le stockage d’informations génétiques et l’ARN qui transmet l’information. Pour le rêve, l’ADN serait la mémoire iconique disponible stockée au niveau cérébral (on la comparera à une bibliothèque dont nous méconnaissons la logique de classement des images), et l’ARN serait la pulsion imageante. Dans cette vision la spontanéité du rêve relèverait du hasard, de la nécessité, de la contingence, de la créativité et du contexte de la vie du dormeur (de son environnement !)… dans le choix des images énactées en fonction de la personnalité du rêveur, de ses dispositions génétiques et de ses acquisitions culturelles. Pour confirmer l’ancrage du « rêve » (comme on a bien voulu le nommer) dans une logique évolutionniste, nous chercherions des fonctions au rêve qui deviendraient fonctions sémantiques porteuses de sens. Le cerveau image avant de parler.

Se rapprochant d’une vision évolutionniste darwinienne le psychanalyste suisse Carl. G Jung y voyait effectivement des fonctions : une fonction anticipatrice, une fonction compensatrice et une fonction fédératrice de ces deux premières, fonction transformatrice ou transcendante… de la personnalité du rêveur. Cette dernière favoriserait son individuation et peut-être son adaptation.

Cette vision semble s’accorder avec la transformation continuelle du vivant pour résoudre le « problème » de l’adaptation.

Il nous faudra ensuite revenir à la clinique pour argumenter ces propositions théoriques et (le) les problème(s) que le rêve sera sensé résoudre.

Frédéric Paulus, CévOI