Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Lettre ouverte aux sénateurs de La Réunion
26 juin 2008

En qualité d’élu de La Réunion, je déplore l’accumulation de décisions réactionnaires prises la semaine dernière par le Sénat.
Dans un élan centralisateur et jacobin, la Chambre haute a en effet refusé que la reconnaissance des langues régionales soit inscrite dans la Constitution : encore un frein dans notre combat pour la reconnaissance du créole !
Puis, pétri de nationalisme déphasé avec la réalité de la population de la France, le Sénat a refusé aux étrangers le droit de vote aux élections locales. Pourtant, ceux-ci participent à la vie de la nation. Pourquoi la droite leur refuse-t-elle le droit de cité tout en faisant son miel de soi-disant problèmes d’intégration ? Nombre d’étrangers issus de la zone Océan indien vivent par exemple à La Réunion depuis de nombreuses années et sont engagés, avec leurs familles, dans la vie de nos cités : pourquoi leur refuser cette citoyenneté à part entière ?
Enfin, soucieux de préserver le déséquilibre médiatique et démocratique installé par Sarkozy le népotique, le Sénat a refusé que le temps de parole présidentielle soit décompté du temps de parole de la majorité par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA).
Une fois de plus, les faits prouvent combien il est urgent de réformer une Chambre conservatrice incapable d’être à la hauteur de ses missions d’interface avec les collectivités territoriales. Malheureusement, la réforme du mode de scrutin au Sénat a été bloquée... par le Sénat lui-même.
Je rappelle l’urgence d’une réforme de cette institution pour notre démocratie : élection directe à la proportionnelle, transformation en Chambre des régions.
Je rappelle notamment l’urgence existant concernant le droit de vote des étrangers à toutes les élections et le respect des langues régionales en France.
Les élus locaux peuvent s’engager dans ce combat en créant par exemple des comités consultatifs locaux de résidents étrangers et faire pression pour que ces questions évoluent.
En effet, sans ces deux changements majeurs, la représentation du peuple et des cultures existant tant en France qu’à La Réunion, donc la démocratie, sont gravement bafouées.
Christophe Pomez, élu de Saint-Paul et du TCO, Les Verts
Courrier des lecteurs
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