Le Sud Sauvage : en question ?

10 mai 2007

(Photo Toniox)

Trop sauvage pour tourisme haut de gamme. Voici Grande-Anse ; site prisé par les touristes bas de gamme et les indigènes gênants. La municipalité de Petite-île et la CIVIS semblent ainsi considérer plus de 8.000 électeurs et signataires de la pétition et les 2.000 visiteurs du week-end.
En effet, pendant 10 ans, nous, usagers, avons pu observer la dégradation de notre site et de ses conditions d’accueil. Ne méritions-nous pas d’égards ?
1, 2, 3 magie : 4 étoiles oblige ! Un copier coller du front de mer de Saint-Pierre sera réalisé sur Grande- Anse. Vive l’authenticité tant vendue par l’hôtelier mégalo et la municipalité avide.
En bref : 70 CDI, cachet pour le Sud, 40.000 euros / an pour la commune (+ les cartes postales vendues), piscine municipale haut de gamme, snack 4 étoiles, transats et service de plage.
En contre partie (preuves à l’appuie) : restriction de l’accès au site (parking délocalisé sur la partie haute, bientôt la loi des quotas).
Recule de la zone de pique-nique (site sur-fréquenté pour la CIVIS et passe de 3 ha à 5 ha pour la mairie, qui croire des deux ?)
3,5 ha de cannes bétonnés, et plus encore après (quand tout grand bois crie « la canne nout péï », « préservons notre agriculture »... CGPER, SAFER, Chambre d’agriculture font silence radio).
Ecosystème sensible menacé (800 m3 d’eau chlorée larguée 2 fois / an dans la baie, bravo le développement durable).
La Région et l’Europe ont subventionné ce projet (où sont les 60 millions 000.000 de la crise du chik ?).
La crise du logement est secondaire car l’on a préféré 3,5 ha de haut de gamme.
Le chik a disparu, depuis l’ouverture de l’hôtel, comme par magie.
Ouvrons les yeux ou sur le gâteau qui se partage, nous y serons des mouches indésirables.
Tourisme OUI, ségrégation NON !

Le tourisme : Pourquoi ? Comment ?

Pour vendre : culture, musique, cuisine, panorama et accueil.
Vendre ce qui fait de La Réunion une île sans pareil.
Notre culture, c’est le pain bouchon dans un snack en bord de mer ; le traditionnel carry en pique-nique le dimanche.
Notre musique, c’est l’ambiance créole dans les lieux prisés des pique-niqueurs ou chez l’habitant averti.
Notre cuisine, c’est le carry, le rougail, le zambrocal.
Nos paysages sont nos sites “touristiques” : nos Cirques et leurs secrets, nos plages et leurs mystères, et notre volcan.
Notre accueil, ce sont ces petites structures (gîtes, tables d’hôtes...) qui offrent la vrai tradition réunionnaise.
Voilà notre véritable authenticité.
En se donnant la peine de valoriser cela, nous dynamiserons notre économie et créerons de l’emploi.
Mais pourquoi payer moins une valorisation du patrimoine naturel quand une minorité peut se mettre plein les poches en détruisant notre potentiel économique et touristique et notre chance d’être compétitif ?
Certains croient que notre authenticité réside dans : des plages bétonnées à la méditerranéenne (transats et services de plage), snack 4 étoiles où le sandwich coûte une semaine de courses pour la majorité des Réunionnais, la réservation des meilleurs espaces publics à une clientèle privilégiée.
Pour le laisser croire aux autres, la méthode est simple :
1- Déclasser, bétonner et donner des terrains agricoles et ignorer le PPR.
2- Céder les sites et leurs commerces au plus offrant.
3- Nettoyer les sites de leurs occupants habituels.
Vous reconnaissez-vous quelque part (entre les privilégiés, la minorité et les habitués) ?
Avez-vous deviné à qui et à quoi je fais allusion ?
Grande-Anse, quand ferras-tu couler de l’encre ?...

Ti pimen péi


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Messages

  • La region qui a largement subventionné l’hotel, doit proteger l’interet public en protegeant les "marmittes-cari" contre les appetits demeusurés des marchands.

    L’hotel avant sa construction, savait que ce lieu de mixité sociale est frequenté par des nombreux reunionnais. Il doit accepter l’endroit comme il est.


Témoignages - 82e année


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