La CTAP pour régler la précarité
27 juillet, parCrise des PEC à La Réunion
23 mars 2011

Le Bâtonnier Georges-André Hoarau tient à exprimer son indignation suite à la parution d’un article intitulé ’« Le créole interdit en réunion »... à La Réunion’ dans le ’Quotidien’ du 4 mars 2011, page 16.
Si la langue française est la langue officielle en terre française d’Outre-mer, il est inadmissible d’interdire la langue vernaculaire, maternelle et spontanée, c’est-à-dire celle du cœur et de l’âme.
Est-ce à dire que nous serions toujours en terre colonisée où le créole, vu comme un véhicule de propagande politique du spectre indépendantiste, devrait être interdit en terrain institutionnel ?
Le temps de l’asservissement d’un peuple par une langue est révolu...
Il est clairement dit dans cet article que :
« Il n’y a aucun problème avec la langue créole, souligne la directrice de la PJ.J. Les éducateurs parlent créole aux jeunes tous les jours et ce serait imbécile de l’interdire. Tous les moyens qui contribuent à établir des liens sont bons à prendre. Nous avons un atelier de contes en créole à la Maison d’arrêt de Domenjod qui est fantastique et permet de libérer l’expression des jeunes. Le rappel à la règle ne vaut que pour les réunions institutionnelles ».
Quelle hypocrisie !
Comment peut-on, en 2011, montrer tant d’arrogance envers une Île qui vous accueille avec primes ?
Comment accepter qu’un Créole qui parle créole chez lui puisse faire l’objet de sanctions disciplinaires ?
Ce juriste parisien qui déclare qu’à La Réunion, « l’emploi du créole par les services de la P.J.J. est une pratique illégale et qu’il convient d’y mettre un terme dans les meilleurs délais et qu’en cas de manquement, les contrevenants s’exposent à des sanctions disciplinaires ».
Aurait-il les attributs nécessaires pour déclarer illégale :
- La pratique du créole en Guadeloupe ou en Martinique,
- La pratique du corse en Corse,
- Et comme à une certaine époque, la pratique du Breton en Bretagne ?
Si la langue de Molière, si belle soit-elle, perd du terrain tous les jours devant celle de Shakespeare au niveau mondial, ce n’est pas une raison pour que la France se venge sur ses D.O.M et ressorte son artillerie colonialiste en leur imposant une langue dominante qui domine de moins en moins.
La culture ne s’impose pas, elle doit tout simplement être attrayante.
On a beau avoir un Nom conquérant, Dame Tetu-Wolff, qui a l’honneur et la responsabilité de représenter une Direction du Ministère de la Justice, se sent-elle bien à La Réunion pour interdire le créole aux Créoles ?
Si oui, c’est une déclaration de guerre culturelle, et je me sens mobilisé, d’où cet article, car je n’accepterai jamais qu’on sanctionne un Créole d’être Créole et de parler créole.
Si non, lu conné cossa i rèst à lu pou fé (“valise” est un mot qu’on n’a pas besoin de traduire).
Personnellement, je trouve que cette Dame n’a pas sa place à La Réunion, où l’on danse, chante, écrit, dit la prière, parle, plaisante, moucate, respire et fait l’amour en créole...
« Mi aime pas ou »
Georges-André Hoarau
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