Di sak na pou di

Leçon de Corée : il n’y a pas de fatalité à la guerre !

Ary Yée Chong Tchi Kan / 26 avril 2018

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Défilé commun des délégations des deux États coréens aux derniers JO.

Vendredi 27 avril 2018 aura lieu le sommet entre la Corée du Sud et la Corée du Nord, après des signes d’ouverture commencés lors des Jeux Olympiques et qui se sont poursuivis par un ballet diplomatique intense. L’évènement devrait déboucher sur la rencontre de Kim et Trump, en mai. Nous sommes donc aux antipodes des tensions de l’année dernière qui auraient pu conduire à un engagement militaire et une catastrophe pour l’humanité.

Chronologiquement, l’initiative en revient au Président de la Corée du Sud, Moon Jae-in. Il a invité son homologue du Nord au Jeux Olympiques du Sud ; celui-ci y a répondu positivement, transformant le rendez-vous sportif mondial en forum pour le dialogue et la Paix. A l’ouverture des jeux, Kim a surpris en annonçant qu’il est prêt de rencontrer Trump. Ce dernier réagit positivement sur le champs, sans même consulter ses conseillers. A ce moment, la situation était tellement sur-réaliste qu’un journal français n’a pas hésité à décerner la médaille d’or de la Diplomatie au Président de la Corée du Nord.

La réponse quasi instantanée du Président américain correspondait plus à un avantage tactique pour prendre de vitesse l’adversaire chinois, l’allié historique de la Corée du Nord. En effet, l’option pacifique est contraire à la politique des Etats-Unis qui disposent, depuis un demi-siècle, d’une puissante armée sur le sol sudiste, dont une base permanente à la frontière de la ligne de démarcation à Pan Mun-Jom. La Chine s’est largement rattrapée à l’occasion de la visite secrète de Kim à Beijing où il a rencontré le président Xi, pour sa première sortie depuis sa prise de fonction en 2012. Toutes les hypothèses sont permises.

Avançons celle d’une alliance cohérente et bien comprise entre les 3 pays asiatiques. Cela rendrait la présence des Marines totalement obsolète, dans la nouvelle ère. Le départ des Américains serait le prix à payer en vue de la dénucléarisation de la péninsule. En tout cas, les propositions exposées par Kim, la semaine dernière concernant la fermeture de site nucléaire et la fin des expérimentations des armes balistiques montrent qu’il a placé la barre très haute dans les négociations en cours avec les Etats Unis.

Aussi, ce vendredi 27 avril, dans une petite localité proche de la ligne de démarcation, Kim et Mae sont condamnés à réussir et se renforcer mutuellement. Signe des temps : l’un et l’autre ont fait arrêter les invectives proférées et amplifiées par de puissants hauts parleurs par-dessus la ligne de démarcation.

Ce climat d’apaisement et le déroulement du dialogue inter-Coréens devraient inspirer le président français que la recherche de la paix est plus importante que de bombarder un pays étranger, puis implorer Trump de ne pas quitter le territoire qu’il squatte allègrement depuis des années. Nul doute qu’un succès de la rencontre inter-coréenne servira de référence pour le traitement des autres conflits. Une grande leçon à retenir : il n’y a pas de fatalité à la guerre.

Ary Yee Chong Tchi Kan
Auteur de Réconciliation et Fraternité (2009)