Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
30 septembre 2008

Tous les ans après les résultats du Bac, chaque pharmacie réunionnaise reçoit la visite de jeunes bacheliers qui recherchent un maître de stage pour effectuer les deux années d’études du diplôme de préparateur en pharmacie.
Et chaque pharmacien qui se respecte se fait un devoir de former au moins un préparateur dans sa pharmacie tous les ans.
Le bénéfice est double, le pharmacien forme un jeune dans sa pharmacie dans le but de l’embaucher à l’issue de sa formation. L’apprenti commence par effectuer le rangement des médicaments, puis, progressivement, il sert les clients sous la vigilance du pharmacien.
L’apprenti reçoit de la part du pharmacien une rémunération nette égale à 70% du SMIC en première année et 80% en seconde année pour environ vingt-cinq heures de présence hebdomadaire dans l’officine. Une à deux journées par semaine, l’apprenti suit ses cours à l’école des préparateurs pour un total de 800 heures sur deux ans.
A l’issue des deux ans, l’apprenti passe un examen national. Avec son diplôme en poche, le jeune préparateur a l’assurance de trouver en permanence du travail, aux quatre coins de la France.
Les pharmaciens réunionnais ont créé ces écoles de préparateurs pour pallier l’absence de personnel qualifié dans leurs officines. Quelques pharmaciens prennent sur leur temps libre pour enseigner des matières purement professionnelles aux futurs préparateurs. Malgré moins de moyens matériels pour les travaux pratiques que dans les écoles de Métropole, les étudiants réunionnais passent l’examen national avec un excellent niveau. « Li tien bo, lâche pas rien »
Les préparateurs réunionnais sont reconnus pour la qualité de leur travail. Et au quotidien, c’est un plaisir d’être accueillis et servis par ces jeunes diplômés, sérieux, compétents et appréciés de tous.
Les deux écoles de préparateurs de l’île encadrent chaque année trois cent étudiants.
Mais cette année, l’effectif de première année est incroyablement bas. Les étudiants sont toujours aussi motivés. Mais c’est au niveau des maîtres de stages, les pharmaciens, que ça n’a pas suivi. Suite à la baisse du prix des médicaments, décidée par nos élus, et avec la menace imminente d’une seconde baisse, les pharmaciens ne prennent plus d’apprentis. Ne plus recruter d’apprentis, c’est une méthode douce pour diminuer le nombre d’employés dans une pharmacie. Et c’est un signal qui ne trompe pas : quand une profession va mal, elle ne forme plus les nouvelles générations !
Le danger, si l’effectif reste aussi bas l’année prochaine, c’est que l’école sera remise en question. Dans un des rares domaines où La Réunion est exportatrice de mains d’œuvre qualifiées. Les pharmaciens devront bientôt passer des annonces en Métropole pour faire venir leurs préparateurs, au lieu de recruter de jeunes bacheliers qu’ils auraient formés. Cette année, c’est déjà plusieurs dizaines de jeunes Réunionnais qui ne suivront pas cette formation. Quel gâchis !
André Broquin
Pharmacien au Tampon
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
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