Les bienfaits du plaisir

3 janvier 2008

À la lecture des faits divers, publiés chaque jour dans la presse réunionnaise, nous voyons que le manque de plaisir a souvent pour conséquence la violence. Les humains que nous sommes, devrions-nous donner plus de plaisir. Nous devrions tous avoir le plaisir de vivre et de contribuer à cette oeuvre immense et merveilleuse qui pourrait être la construction d’une société non-violente. Nous devrions consacrer notre vie au bonheur de l’humanité, pour notre plaisir.
Le plaisir commence en admirant la beauté de la création qui se reproduit fidèlement grâce à la jouissance. Puis, dès la naissance, lorsque la maman donne le sein à son bébé, il éprouve du plaisir parce que sa faim est calmée et que le lait maternel sur les papilles de sa langue lui procure une sensation agréable. C’est pour lui une satisfaction immédiate de sa sensualité. Le mode d’emploi du plaisir, on le trouve d’une façon innée quand on est petit. Mais, les enfants le perdent en grandissant et pour le retrouver, les adultes que nous sommes, doivent faire beaucoup d’efforts, car, dès notre naissance, nous sommes confrontés à des interdictions... Se repentir de ses fautes, se méfier de la sexualité, etc... n’apprennent pas à être heureux et lorsque les interdictions s’accumulent, on commence à devenir frustré. Les animaux n’ont pas d’interdits. Tout devrait être permis du moment qu’on obéit à deux règles essentielles : le respect envers soi et envers les autres et la non-violence. Le reste devrait appartenir à notre liberté de penser, d’être, de croire, de créer, de découvrir ce que nous voulons.
La science, l’intelligence et la créativité humaine nous ouvrent le chemin du bonheur. Elles nous libèrent du temps pour vivre mieux, nous amuser, nous épanouir.
Comme chez le bébé, tous nos sens sont là pour nous donner du plaisir. Les développer, c’est enrichir notre cerveau. Nous ne devrions faire dans notre existence que des actes qui nous procurent du plaisir.
Pour améliorer la qualité de la perception des choses, nous devrions rechercher des plaisirs conscients dans le but de nous épanouir. Lorsqu’un inventeur fait une découverte, lorsqu’un artiste réussit un chef-d’oeuvre, lorsqu’un militaire reçoit une décoration, lorsqu’on obtient un orgasme sexuel, lorsque l’on a du plaisir tout simplement, nos sens sont en éveil et notre créativité augmente. L’artiste qui est dans le plaisir, crée des oeuvres harmonieuses. L’harmonie est la capacité de faire les choses dans le plaisir, vite et sans stress.
Nous devrions axer notre existence sur une amélioration de la qualité de la perception du plaisir en augmentant la sensibilité de nos cinq sens, en les développant. Cela aurait pour effet, outre le simple fait de jouir davantage de la vie, de développer notre capacité d’exploiter la totalité de notre potentiel de créativité et donc, de faire bénéficier l’humanité tout entière de nos créations, améliorant ainsi le niveau de conscience général et diminuant du même coup, les risques de violences qui causent des souffrances. La violence est engendrée par des êtres qui vivent dans le déplaisir et qui sont malheureux.
Chaque individu, par son influence positive, contribue à chaque instant, à l’éveil de la conscience planétaire. Lorsque les hommes jouiront totalement de leur sensualité, il n’y aura plus aucun risque de guerre car à la base de la violence, il y a toujours des êtres insatisfaits sensuellement. C’est pourquoi chacun de nous devrait apprendre à jouir de tous ses sens comme le bébé qui prend le sein de sa maman. Le plaisir est toujours épanouissant et rend plus harmonieux. On découvre le plaisir d’être.
Si nous sommes vivant aujourd’hui, c’est que nous avons échappé aux épidémies, aux guerres. Nous sommes l’aboutissement d’une longue lignée de survivants. Nous sommes les cellules de ce grand corps qu’est l’humanité et chacun de nous est très important et a son rôle à jouer. C’est pour cela qu’il faut accorder de l’importance à notre vie et la vivre dans le plaisir, être heureux sans raison. Dire OUI en donnant un sens à chacun de nos jours, car, quand on est dans la conscience et le bonheur, le temps n’existe plus. On ne peut pas vivre intensément chaque instant pour autre chose que pour le plaisir de vivre intensément chaque instant.

Désiré Brémont


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