Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
2 février 2012

Lorsque Zemmour a déclaré sur une télévision : « Les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes... C’est un fait », il y a eu des protestations, notamment de la part du MRAP, mais cela n’a pas déclenché pour autant un tollé à La Réunion.
Ce même Zemmour expliquait qu’il est normal que les employeurs demandent aux agences d’intérim de ne pas leur envoyer des personnes noires ou d’origine maghrébine. Pour lui, « c’est leur droit ». Là aussi, de faibles réactions dans notre île.
La Fédération française de Football a évoqué l’idée d’instaurer des quotas raciaux pour la constitution d’une équipe, Laurent Blanc parle de « la force, la puissance des sportifs, toujours les mêmes, les blacks » ! L’histoire fait du bruit. Puis on n’en parle plus.
Il y a ainsi des phrases, des mots, des idées qui sont lancées, qui heurtent, au premier abord ; et puis que l’on oublie. Que l’on oublie ou que l’on assimile ? Que l’on assimile, plus ou moins consciemment.
C’est bien là le danger d’une banalisation : ne plus s’insurger sur des principes fondamentaux.
Le matraquage « immigrés = délinquance » a été dit, répété, rabâché. Et, malheureusement, commence à entrer dans les têtes. Sinon, le FN ne serait pas à une telle hauteur dans les sondages. Le fait qu’il soit dans les sondages est d’ailleurs la marque de cette banalisation du parti et de ses idées.
Mais certains ont labouré le terrain pour que poussent ces idées xénophobes. C’est un Sarkozy qui parle de « racailles », une Chantal Brunel qui demande de « renvoyer les immigrés chez eux par bateau », un Claude Guéant qui assène : « Les Français veulent que la France reste la France » (reformulation du slogan du FN : « la France aux Français » ; c’est Sarkozy qui crée un ministère de l’Identité nationale, fait voter une loi soi-disant sur la laïcité, mais qui est en fait une loi contre l’islam. C’est le recours à l’ADN pour les regroupements familiaux. C’est la fixation de quotas pour les reconduites à la frontière.
Tout cela, on le sait. Aujourd’hui, on vit avec. Comme si ces monstruosités étaient enfouies quelque part et que l’on cherche à les oublier.
On nous dit que La Réunion est une terre de tolérance, un modèle du vivre-ensemble. C’est vrai. Sans pour autant idéaliser la situation. On se souvient des dérapages verbaux de certains sur la connaissance de La Réunion. Ou des positions d’autres qui souhaiteraient que les églises soient dotées d’orgue et que l’on ne parle plus créole. C’est aussi la position d’un président de collectivité qui fait du 20 Décembre un festival et qui se refuse d’employer le mot « esclave » dans ses discours.
De menus faits ? Des dérives sans importance ? Non, preuve que, doucement, même à La Réunion, certaines idées commencent à se développer. Comme le chante Diam’s : « Je ne suis pas de ceux qui prônent la haine, plutôt de ceux qui votent et qui espèrent que ça s’arrête (…) ».
Sandrine Manon
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Mézami na pwin lontan mwin té apré rogard bann nouvèl lafrik… La politik biensir, la pé, la guèr, lékonomi é mwin la antann in konvèrssassion rant (…)
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