Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
29 octobre 2009

Le feuilleton de l’incinérateur se trouve donc relancé à La Réunion (…). On sait que suite aux actions d’associations écologistes dont ACCIDOM REUNION, Association citoyenne contre l’incinération des ordures ménagères, la plupart des élus avaient fini par renoncer à soutenir officiellement ce funeste projet même si les partisans de cette technique affirment que les incinérateurs de nouvelle génération ne présentent plus de dangers en termes d’expositions aux dioxines. L’Institut National de Veille Sanitaire estime, lui, qu’il faudra dix ou vingt ans avant de savoir s’il existe un risque de cancers avec ces nouvelles installations.
Cependant les industriels du secteur utilisent désormais une nouvelle stratégie de lobbying en tentant de présenter les déchets incinérés comme une énergie renouvelable. Pour cela ils arguent du fait que certains incinérateurs produisent de la chaleur ou de l’électricité ou les deux à la fois (cogénération) et que les déchets brûlés sont en partie issus de ressources renouvelables. Mais ce dont ne se vantent pas les industriels, c’est de la faible efficacité énergétique des incinérateurs français, l’une des plus faibles d’Europe avec des rendements moyens de 30 % pour la production de chaleur et de 11 % pour l’électricité. En outre, une part très importante de l’énergie ainsi produite est d’origine fossile, le GIEC estime que les déchets ménagers sont constitués à 43 % de carbone fossile. L’incinération des déchets ménagers est reconnue comme une activité fortement polluante puisqu’elle est soumise depuis la loi de finances 2009, à la TGAP, Taxe Générale sur les Activités Polluantes. Une taxe progressive qui renchérit la tonne incinérée de 1,5 à 7 euros puis 14 euros à partir de 2013. Pour garder leurs marges bénéficiaires, les exploitants répercutent la taxe sur les collectivités et in fine, ce sont les citoyens qui payent.
Mais la TGAP ne prend pas en compte l’impact de l’incinération sur le changement climatique, or, les déchets brûlés, à l’instar du fioul ou du charbon, émettent des gaz à effet de serre, c’est pourquoi les associations écologistes demandent à ce que les incinérateurs soient assujettis à la taxe carbone.
À quelques semaines du sommet de Copenhague, il est bon de rappeler aux élus réunionnais que les 130 incinérateurs français rejettent annuellement environ 5 millions de tonnes de CO2 soit l’équivalent des émissions de 2,3 millions de voitures.
Choisir une filière d’incinération serait en outre contraire aux engagement du Grenelle qui prévoient une réduction de 15 % la quantité de déchets à enfouir et à incinérer d’ici 2012.
Toute ces raisons montrent qu’une filière d’incinération des déchets n’est pas « gerri-compatible » et qu’il faut donc écarter tout scénario comportant cette option.
Jean-Pierre Marchaud
Porte Parole
Les Verts Réunion
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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