Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
16 juin 2011

La campagne pour la Présidentielle est lancée. Les sondages fleurissent. Tant pour dire que Aubry talonne désormais Hollande pour les primaires du PS que pour souligner que Sarkozy regagne des points, comme Fillon. C’est aussi la chasse aux petites phrases, comme celle de Chirac appelant à voter Hollande.
Et comme toujours, les candidats à l’élection ou les candidats à la candidature s’intéressent à l’Outre-mer. Ils l’ont toujours fait. Avant d’être élu, au moins. Après… ce n’a pas toujours été le cas, loin de là.
Ainsi, après Mélenchon et Bayrou, c’est Hulot qui se lance à la conquête des voix ultramarines. Homme du petit écran, il a choisi un message vidéo de 2 minutes qu’il a mis en ligne sur son site.
Dans le message adressé aux écologistes d’outre-mer, il dit regretter « de n’avoir pu quitter la métropole au cours de la campagne pour la primaire en raison de sa trop courte durée ». Dont acte.
Le langage employé vis-à-vis de l’Outre-mer est toujours le même et emprunte systématiquement la voix du cœur. On a eu droit à toutes les déclarations possibles. Hulot, même politicien novice, n’a pas failli à la « tradition », il rappelle aux ultramarins « combien il connaît et aime leurs terres ». Il affirme « entretenir un lien affectif particulier avec ces territoires ». Et ce « bonjour aux ultramarins du fond du cœur », comment l’analyser ? Hulot n’a pas fait dans la dentelle et la modération : « les ultramarins sont omniprésents dans sa tête et dans son cœur ».
Cette manière d’aborder l’Outre-mer est franchement agaçante. Quel(le) que soit le candidat ou la candidate, pourquoi faut-il encore et toujours que le premier message soit un message d’affection ?
Hulot ou Bayrou, comme Chirac et Sarkozy avant eux, avaient eu ce même comportement. Assez proche de celui d’un adulte vis-à-vis d’un enfant. Cette approche est très révélatrice de l’état d’esprit de celles et ceux qui prononcent ces “mots d’amour”. Des mots d’amour qui sont des gifles encore plus percutantes que si l’on nous avait traités — comme on l’a déjà fait, d’ailleurs — d’assistés.
De toute façon, ces déclarations puisent leurs racines dans cette vision étriquée et ringarde d’un État fort protégeant des îles ou petits territoires. Le mot « petit » étant ici employé à dessein.
Comme tout politicien, Hulot passe un coup de brosse à reluire en saluant « la capacité d’innovation de ces territoires en matière environnementale ». Il s’engage, s’il remporte la primaire, à aller à la rencontre des écologistes d’Outre-mer pour construire avec eux un programme répondant à leurs attentes. Il ne nous dit d’ailleurs pas s’il a pensé à la compensation carbone de ce voyage !
Justement, ces primaires… tous les partis — ou presque — y songent ou y travaillent. Et c’est là où la démarche devient complètement surréaliste. Que cherchent ces partis en ouvrant la consultation à d’autres électeurs que leurs adhérents ?
Ne peut-on pas y voir un refus pour un parti de prendre ses responsabilités en choisissant lui-même l’homme ou la femme qui lui paraît être le plus ou la plus à même d’être à la tête d’un pays ? C’est une façon de “faire la cour” aux électeurs qui ne fait que cacher le plus important : la femme ou l’homme, l’être humain, serait ainsi plus important que le projet ?
Et la réponse est peut-être là : c’est parce que les partis, le PS comme les Verts, Écologie, etc. n’ont pas réellement de projet qu’ils s’essayent à la primaire généralisée.
Sandrine Manon
Nos peines
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